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Les mesures actuelles de lutte contre le surpoids sont insuffisantes, constatent les chercheurs (image symbolique/archives).

KEYSTONE/MARTIN RUETSCHI

(sda-ats)

Les personnes présentant une prédisposition génétique à l’obésité sont davantage susceptibles de la développer si elles se trouvent en situation de précarité. C'est ce qu'indique une étude du CHUV et l’EPFL réalisée sur un échantillon de population lausannoise.

A Lausanne, la probabilité d'être en surpoids est ainsi plus élevée pour ces personnes si elles habitent à l'Ouest plutôt qu'à l'Est de la ville, l'Ouest étant plus exposé à la précarité. La nutrition, le mode de vie et l'environnement interagissent avec les gènes d'une personne et sont susceptibles d'influencer son indice de masse corporelle (IMC).

Le niveau de précarité est donc un facteur prépondérant, ont indiqué mercredi le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué. L'Université d'Exeter (GB) a également participé à ces travaux publiés dans l'International Journal of Epidemiology.

Le travail des chercheurs a permis de confirmer un premier résultat observé en analysant 120'000 individus issus de la biobanque du Royaume-Uni. Quelque 6000 habitants de la capitale vaudoise (étude CoLaus) ont servi de test de confirmation.

En 2014, une étude genevoise avait révélé que la différence de revenu ne suffisait pas à expliquer le regroupement spatial des personnes en surpoids. En 2016, une recherche lausannoise avait établi que, même en ajustant les valeurs de l'IMC avec d'autres critères tels que le niveau d'éducation, l'âge, l'état de santé, l'origine ethnique, le genre et la consommation d'alcool, les personnes en surpoids demeuraient clairement regroupées dans l'Ouest lausannois.

Quatre facteurs de précarités

Dans la présente étude, Stéphane Joost, de l'EPFL, a appliqué le même indicateur que celui de l'étude anglaise, l'indice de précarité dit de "Townsend" (TDI). Cet indice permet de créer la carte d'une ville en se basant sur quatre facteurs: le taux de chômage, la surpopulation par logement (soit le rapport entre le nombre d'habitants et le nombre de pièces), la proportion de propriétaires de voiture et de leur propre logement.

Ces deux derniers facteurs sont actuellement discutables dans la mesure où le fait de ne pas posséder de voiture au centre-ville n'est plus forcément un signe de précarité. Ainsi, sur la carte de Lausanne, on observe un indice TDI surestimé dans les quartiers du centre.

M. Joost a ensuite transmis ces données aux chercheurs du CHUV, qui ont calculé le degré d'interaction entre le TDI et un score de risque génétique (GRS) influençant l'indice de masse corporelle, soit une combinaison de 69 variants génétiques prédisposant à l'obésité.

Résultat: une disparité entre l'Est et l'Ouest est constatée. Il est toutefois difficile de la chiffrer précisément, la taille de la cohorte (6000 individus) étant insuffisante. En comparaison, les participants de l'étude britannique, qui présentaient dix variants génétiques supplémentaires prédisposants, ont pris en moyenne un kilo de plus (3,6 kilos contre 2,8 kilos pour une personne de taille moyenne) lorsqu'ils vivaient dans environnement à haut risque de précarité.

Mesures à prendre

"Notre étude montre qu'il ne suffit pas de cibler les mesures de prévention contre le surpoids sur des facteurs spécifiques comme la consommation de boissons sucrées ou d'aliments frits", explique Stéphane Joost, cité dans le communiqué.

Selon lui, "on peut se demander dans quelle mesure une révision de l'aménagement du territoire pourrait constituer un moyen de contenir l'épidémie d'obésité en cours".

Autres pistes évoquées: améliorer le niveau de formation de la population, favoriser l'octroi de bourses d'études, offrir des abonnements de fitness, voire désenclaver certains quartiers ou encore donner un accès plus direct à des aménagement socioculturels et sportifs. De prochaines recherches s'attacheront précisément à vérifier ces hypothèses.

ATS

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