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La première demande de remise en liberté de Tariq Ramadan rejetée

Agé de 55 ans Tariq Ramadan est incarcéré depuis son inculpation le 2 février à Paris pour viol et viol sur personne vulnérable. Le théologien suisse conteste les faits (archives).

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

L'islamologue suisse Tariq Ramadan a vu sa première demande de remise en liberté rejetée vendredi par la justice. Accusé de viols par quatre femmes - trois en France et une en Suisse - il est incarcéré depuis trois mois près de Paris.

"Nous avons été notifiés aujourd'hui et j'ai immédiatement interjeté appel", a annoncé à l'AFP l'avocat du théologien, confirmant une information du site Muslim Post. Me Emmanuel Marsigny dénonce une décision "invraisemblable" du juge des libertés et de la détention (JLD). "Le parquet, le magistrat instructeur et le JLD refusent de prendre en compte les éléments à décharge", a-t-il réagi. Ce dernier pointe "les mensonges des accusatrices" et des incohérences dans leurs récits.

L'intellectuel musulman de 55 ans est incarcéré depuis son inculpation le 2 février à Paris pour viol et viol sur personne vulnérable. L'enquête a été déclenchée en octobre par les plaintes de deux femmes, rejointes en mars par une troisième. Une quatrième femme a déposé plainte pour viol à Genève. Il est aussi visé par une plainte pour agression sexuelle aux Etats-Unis.

Transféré en mars de la prison de Fleury-Mérogis à l'hôpital de celle de Fresnes, dans la région parisienne, Tariq Ramadan, atteint d'une sclérose en plaques, avait déposé cette première demande de mise en liberté le 24 avril. Quelques jours plus tôt, l'expertise judiciaire avait estimé sa détention possible, malgré sa maladie, à condition de "continuer à bénéficier de l'accès aux soins".

Mais selon Me Marsigny, l'établissement de "Fresnes est incapable de lui assurer ses quatre séances de kinésithérapie hebdomadaire, M. Ramadan n'a eu qu'une seule de séance depuis le 26 avril".

Ramadan conteste les faits

Confronté à la femme qui l'accuse de l'avoir violée en 2009 à Lyon, Tariq Ramadan a nié tout rapport sexuel avec elle ainsi qu'avec la première plaignante. Cette dernière, qui dénonce un viol présumé à Paris en 2012, doit être prochainement entendue par les magistrats, tout comme la troisième plaignante, qui affirme avoir été violée à neuf reprises entre 2013 et 2014 en France, à Bruxelles et à Londres.

"M. Ramadan connaît la troisième plaignante et s'il a eu une relation avec elle, elle n'est pas celle qu'elle a décrite", a déclaré Me Marsigny, refusant de qualifier la nature de cette relation avant l'audition le 5 juin de son client par les magistrats instructeurs.

La détention de ce petit-fils du fondateur de la confrérie islamiste des Frères musulmans a suscité un vif émoi au sein de la communauté musulmane. Certains ont dénoncé un "deux poids, deux mesures", voire un "complot" contre une des rares figures médiatiques de l'islam européen, accusée par ses détracteurs de fondamentalisme camouflé sous un discours réformiste.

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