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La qualité de l'air s'améliore à Genève, malgré l'augmentation de la population. Pour la première fois depuis 2002, les valeurs-limites journalières légales du dioxyde d'azote n'ont pas été dépassées.

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

La qualité de l'air s'est améliorée à Genève en 2016. Pour la première fois depuis 2002, les valeurs-limites journalières légales du dioxyde d'azote n'ont pas été dépassées. Et le niveau de pollution aux particules fines est le plus faible depuis le début des mesures.

De fait, tous les seuils fixés par la loi en matière de particules fines ont, pour la première fois, été respectés dans le canton, alors que la population augmente. "Ces résultats sont très encourageants, mais il y a encore beaucoup à faire", a déclaré lundi devant les médias le conseiller d'Etat Luc Barthassat, en charge du Département de l'environnement, des transports et de l'agriculture.

Et de rappeler que la pollution de l'air est un grave enjeu de santé publique. Elle cause, chaque année en Suisse, 3000 à 4000 décès prématurés. Trois polluants principaux posent problème: l'ozone, le dioxyde d'azote et les particules fines, a indiqué Philippe Royer, directeur du service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants.

Des résultats inédits

Pour 2016, les concentrations d'ozone, le polluant des journées ensoleillées, se situent dans la fourchette des dernières années. Celles de dioxyde d'azote sont un peu plus faibles qu'en 2015, mais elles dépassent toujours, en milieu urbain, la limite fixée par l'ordonnance sur la protection de l'air. Reste que la limite journalière n'a pas été dépassée l'an dernier.

Les résultats sont inédits en ce qui concerne les particules fines, qui caractérisent le smog hivernal et sont particulièrement nocives pour la santé. Ils devront être confirmés à terme, selon M. Royer. "La météo, un paramètre important, nous a aidés. Mais la tendance est à l'amélioration", a-t-il commenté.

Un macaron antipollution

Le canton a lancé l'an dernier sa Stratégie de protection de l'air 2030, un catalogue de mesures, dont certaines existaient déjà, au niveau du trafic routier, du chauffage, de l'industrie et de l'artisanat. Entre 2012 et 2016, plus de 6000 chaudières, sur un total de 24'000, ont été assainies. L'Etat collabore aussi avec le canton de Vaud et la France voisine.

En matière de mobilité, l'objectif est de réduire de 25% la part de transport individuel motorisé dans le centre. L'Etat veut introduire un macaron pour interdire l'accès à certaines zones, en fonction de la qualité de l'air, aux véhicules les plus polluants. Des questions légales doivent encore être clarifiées avec la Confédération, selon M. Barthassat.

Circulation alternée

Quant à la pollution due aux avions, le canton compte notamment sur un renouvellement de la flotte avec des appareils moins polluants et bruyants. Le nouveau directeur de Genève Aéroport, André Schneider, est "très sensible à ce genre de choses", estime le conseiller d'Etat.

Le canton de Genève dispose d'un réseau d'observation constitué de quatre stations de mesure et d'une septantaine de capteurs pour le NO2. Les résultats permettent d'établir une image détaillée annuelle. Ils sont aussi diffusés en direct afin d'informer la population et de déclencher le dispositif d'urgence, comme la circulation alternée volontaire en cas de smog.

ATS

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