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Le National a empoigné mercredi la grande réforme des procédures d'asile déjà avalisée par le Conseil des Etats. Sans surprise, l'UDC a échoué à torpiller le projet d'emblée.

La révision doit accélérer les procédures grâce à un renforcement massif des capacités des centres fédéraux sur le modèle des Pays-Bas. Les procédures y seraient centralisées afin que 60% des demandes puissent être traitées en 140 jours au lieu des quelque 700 que prennent aujourd'hui les cas complexes. Les requérants seraient soutenus durant la procédure par un avocat gratuit.

Le dossier constitue une plateforme idéale de campagne à un mois des élections fédérales alors que les drames et les défis liés à la fuite de centaines de milliers de personnes mobilisent l'attention publique. Les débats sont retransmis en direct à la télévision sur la chaîne SF Info. L'UDC a encore imposé la session extraordinaire sur l'asile qui suivra l'examen de la loi en fin de journée.

Aggraver les choses

En attendant, le parti a fait bloc seul contre tous contre la grande réforme voulue par Simonetta Sommaruga. "Les événements dramatiques des derniers jours ne peuvent laisser personne indifférent. Mais la restructuration de l’asile ne résoudra rien, au contraire", a relevé Hans Fehr (UDC/ZH) en plaidant la non-entrée en matière.

Selon lui, le projet sera une invitation aux Erythréens par exemple à venir en Suisse pour bénéficier de nouvelles places d'accueil et d'un avocat gratuit et ne jamais rentrer chez eux. Il faut renvoyer le projet au Conseil fédéral afin qu'il réduise l'attractivité du pays en luttant contre les abus et résolvant le problème des personnes admises provisoirement, a proposé Heinz Brand (UDC/GR). Les deux propositions ont été rejetées par 135 voix contre 52.

Pas de chaos

Il n'y a pas de chaos dans l'asile en Suisse, même le ministre UDC Ueli Maurer l'a reconnu, a rétorqué la gauche. Le pays attend 30'000 demandes, une fraction par rapport aux 60 millions de personnes en fuite de par le monde. La révision est le fruit d'une volonté de remettre du droit et de l'humanité dans le traitement des dossiers, s'est réjouie Ada Marra (PS/VD).

Une grande partie des Suisses ne comprennent pas pourquoi la Suisse ne fait pas plus, plus rapidement et moins bureaucratiquement pour accueillir les personnes dans la détresse, a expliqué Ueli Leuenberger (Verts/GE). En plus de l'accélération des procédures avec une assistance juridique, le camp rose-vert réclame la réintroduction de possibilité de demander l'asile dans les ambassades.

Le PDC soutient un projet qui crée des conditions de procédure rapides et justes, a expliqué Ruth Humbel (PDC/AG). Le PBD et les Vert'libéraux ont abondé dans ce sens en appelant en outre à la collaboration internationale.

Tous les partis voulaient la révision, il est incompréhensible de devoir en discuter une journée entière, cela montre juste le profit que veut en tirer l'UDC, a accusé Kurt Fluri (PLR/SO). La procédure centralisée d'asile était déjà prévue dans la loi urgente approuvée par les Suisses en 2013 et l'expérience test à Zurich est concluante, a ajouté Isabelle Moret (PLR/VD).

Pas de solution définitive

"La crise internationale de l'asile est bouleversante et nous met au défi", a relevé la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Il n'y a pas de solution définitive, mais la Suisse n'est pas restée les bras croisés. Elle a notamment réintroduit l'accueil de contingents de réfugiés et renforcé l'aide à proximité de pays en guerre comme la Syrie. La révision réduira l'attractivité de la Suisse et améliorera la mise en oeuvre des procédures d'asile.

Le débat se poursuit avec l'examen de détail. La discussion va rester animée avec une cinquantaine de propositions d'amendements de l'UDC et une dizaine de la gauche. La commission préparatoire ne propose que des retouches mineures à la copie de la Chambre des cantons.

ATS