Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

En mars 1968, les revendications estudiantines culminent avec l'occupation, durant trois jours, de l'aula de l'Ecole normale de Locarno, par 300 élèves (archives).

KEYSTONE/PHOTOPRESS-ARCHIV/STR

(sda-ats)

Au Tessin, durant l'année 1968, un groupe d'étudiants de l'Ecole normale à Locarno se bat pour un changement radical du système scolaire. En mars, les revendications culminent avec l'occupation, durant trois jours, de l'aula de l'Ecole normale, par 300 élèves.

"Notre école n'enrichit ni notre culture ni notre esprit: elle se limite à verser une infinité de notions inutiles dans nos caboches", peut-on lire dans la revue estudiantine de la "Magistrale" de Locarno pendant l'année scolaire 67-68, quelques mois avant l'occupation.

Dès 1966, un groupe d'élèves dénonce une distance entre l'école et la vie qui s'accroît de jour en jour. Il affirme la nécessité de changer les programmes scolaires dans l'intérêt de la société et exige une dépolitisation de l'Ecole normale, explique l'historien Mauro Stanga, qui a étudié ces événements.

Les étudiants expriment leur mécontentement d'abord en diffusant des tracts, puis dans une revue estudiantine qu'ils créent à ce moment-là.

L'opposition se cristallise contre la figure de Carlo Speziali, le directeur de l'Ecole normale et syndic radical de Locarno. "Il incarne cette gestion de l'école, jugée dépassée et est de plus en plus critiqué, également par une partie des enseignants", explique l'historien tessinois.

Climat autoritaire

Je me rappelle très bien "le climat autoritaire et paternaliste de ces années", raconte un ancien étudiant qui a pris part à ce mouvement. Il a alors 17 ans.

Il évoque notamment les internats de la "Magistrale". "Il s'agissait de structures rigides, gérées par l'école, où régnait une discipline militaire", décrit l'historien Mauro Stanga. Un "régime sévère", résume de son côté l'ancien étudiant. Près de deux tiers des 900 élèves de l'institut, dont lui, y séjournent.

À l'époque, les filles venaient de conquérir le droit de porter un pantalon à l'école après d'interminables discussions avec la direction, ajoute M. Stanga. "Certaines coiffures" ne laissaient pas indifférent le conseiller d'Etat en charge de l'éducation de l'époque. Selon lui, celles-ci ne devraient pas être tolérées en cours.

D'autres décisions ne font que renforcer le mécontentement, notamment quand M. Speziali exige plus de sévérité dans l'assignation des bourses d'études.

Contre le directeur

C'est dans ce contexte qu'un noyau contestataire de douze étudiants - six femmes et six hommes - se constitue durant l'année scolaire 1968 . Ils sont appelés "il clan". Tous viennent de régions urbaines du canton et logent dans les internats, qui se transforment fréquemment en lieux de discussion où des actions sont imaginées.

Peu à peu, le dialogue se dégrade entre le directeur et le comité estudiantin mené par le "clan". Les élèves sont toujours plus sûrs d'eux tandis que M. Speziali perd progressivement son autorité.

Il finit par ne plus reconnaître le comité. Le gouvernement tessinois a finalement vent de ce conflit.

Les problèmes internes de l'Ecole normale se conjuguent avec la révolte qui émerge en 1968 à travers le monde. Des livres que l'on ne trouve pas dans les rayons de la bibliothèque de l'Ecole normale circulent de main en main: ils parlent d'approches éducatives innovantes et antiautoritaires. Selon M. Stanga, cette littérature commune a agi comme un "détonateur".

La contestation à l'Ecole normale de Locarno est l'une des premières actions estudiantines en Suisse. La proximité avec Milan, qui a connu des situations semblables en janvier et février 1968, a probablement joué un rôle.

Neuer Inhalt

Horizontal Line


Rejoignez notre page Facebook en français!

subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.









ATS