Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

L'initiative "No Billag" a été balayée dimanche par 71,6% des votants (archives).

KEYSTONE/ANTHONY ANEX

(sda-ats)

La redevance radio-TV ne disparaîtra pas. L'initiative "No Billag" a été balayée dimanche par 71,6% des votants et par tous les cantons. Tout le monde s'accorde néanmoins à exiger des réformes. A l'issue du scrutin, la SSR a d'ailleurs dévoilé un plan d'économies.

Le scrutin met fin à une campagne longue, intense et virulente. Au final, plus de deux millions de Suisses ont glissé un "non" dans l'urne, contre quelque 833'000 "oui". Les refus les plus forts sont essentiellement venus de Suisse romande. Neuchâtel a repoussé l'initiative par 78,3%, suivi par le Jura (78,1%). A noter que seuls 65,5% des Tessinois ont rejeté le texte.

L'initiative "Oui à la suppression des redevances radio et télévision (suppression des redevances Billag)" aurait interdit à la Confédération de subventionner toute chaîne de télévision ou de radio et de prélever une redevance de réception. Cette dernière fonction n'aurait pas pu non plus être déléguée à un tiers.

Le rejet du texte ne clôt de loin pas le dossier du service public dans l'audiovisuel. Le montant de la redevance, l'assujettissement des entreprises, la répartition du produit de la taxe, la réglementation concernant la publicité sur le service public figurent parmi les sujets qui devraient encore revenir sur le tapis.

Economies de 100 millions

Le résultat net de dimanche est "un signe fort pour le service public, les radios et télévisions régionales privées ainsi que la société suisse", s'est réjoui Gilles Marchand, directeur de la SSR. Mais "nous prenons acte du débat, des critiques constructives."

Et la SSR d'annoncer dans la foulée un plan d'économies de 100 millions de francs, mis en oeuvre dès 2019 et sur cinq ans. Des emplois seront touchés, a concédé M. Marchand.

L'organisme se concentrera à l'avenir sur "trois missions prioritaires": fournir une information indépendante et équilibrée dans les quatre langues nationales, proposer des productions culturelles diversifiées - notamment dans le domaine du film et des séries suisses, et adapter son offre numérique aux besoins de la société grâce à une plate-forme multilingue.

Pas une carte blanche

Cette volonté de réforme sera scrutée de près. Pour les initiants, le débat ne fait que commencer. "Si on exerce à l'avenir une pression politique sur la SSR, elle va devoir se réformer et devenir plus transparente", a réagi Frédéric Jollien, du comité d'initiative.

L'UDC, seul grand parti à soutenir l'initiative, assure que le scrutin a ouvert la discussion autour de la SSR. "Nous étions en avance sur notre temps", a commenté la conseillère nationale Natalie Rickli (UDC/ZH), faisant référence à des revendications comme une cure d'amaigrissement de la SSR, une baisse de la redevance et une exemption pour les entreprises.

Le résultat n'est ni un blanc-seing ni une carte blanche en faveur de la SSR, ont pour leur part averti les autres partis bourgeois. Il y a des efforts à faire sur le plan de la gestion et de la bonne gouvernance, a dit Dominique de Buman (PDC/FR), président du Conseil national.

Une suppression de l'"impôt médiatique" pour les entreprises a également été évoquée à droite. Un point qui réjouirait l'union suisse des arts et métiers (usam). Son président le conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR) a encore critiqué dimanche le "vol" de 200 millions de francs aux entreprises.

Redevance selon le revenu

A gauche non plus, on ne nie pas le besoin de réformer la SSR. Mais il s'agit de "transformer plutôt que de démanteler", a dit la présidente des Verts Regula Rytz. La redevance ne doit pas être réduite. Le domaine de la publicité présente par contre une marge de manoeuvre: elle devrait être abaissée au bénéfice des médias privés, demandent les Verts. Les Jeunes Verts ont eux proposé une redevance radio-tv proportionnelle au revenu.

Du côté des médias, les avis sont partagés sans surprise entre éditeurs privés d'un côté et syndicats et associations de journalistes de l'autre. "Les attaques et interventions parlementaires déjà lancées visant à réduire considérablement les redevances et à tailler dans les programmes de la SSR doivent être rejetées", prévient syndicom.

Autre son de cloche du côté des éditeurs privés, notamment alémaniques. Le rôle et la mission de la SSR doivent être redéfinis, dit la faîtière Schweizer Medien. Il faut arrêter l'expansion de la SSR. Elle doit avant tout mettre l'accent sur l'information. Et ne pas concurrencer les offres des médias privés dans le domaine de la publicité en ligne.

Commission indépendante

Selon Doris Leuthard, le refus clair de "No Billag" ne doit pas empêcher de penser à l'évolution du paysage audiovisuel. Le prochain grand chantier sera la nouvelle loi sur les médias électroniques, dont le Conseil fédéral est en train d'étudier les détails.

La ministre de la communication, à qui il a été reproché de trop s'immiscer dans les affaires de la SSR, a annoncé qu'une commission indépendante devait être créée. Elle serait chargée de distribuer les mandats de prestations et donc aussi la concession de la SSR.

Interrogée sur une nouvelle baisse de la redevance après 2019, Doris Leuthard a affirmé que cela restait l'objectif. Pas question pour elle de revenir sur l'assujettissement des entreprises. Le peuple a déjà dix deux fois qu'elles devaient aussi payer, et 75% ne doivent pas s'acquitter de la redevance.

Neuer Inhalt

Horizontal Line


Rejoignez notre page Facebook en français!

subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.









ATS