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Billag avait postulé à sa propre succession (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Billag est sous le choc: l'entreprise fribourgeoise perd son mandat d'encaissement de la redevance radio-télévision qu'elle détenait depuis 1998. La société Serafe lui succédera dès 2019. Les quelque 250 collaborateurs travaillant pour Billag sont dans le doute.

Serafe proposait l'offre la plus avantageuse économiquement, a indiqué vendredi le Département fédéral de la communication dans un communiqué. Le prix avancé par la firme zurichoise s'élève à 123 millions de francs pour la durée de son mandat qui est de sept ans. Soit 17,6 millions par an. Dans le régime actuel, Billag touche 54 millions chaque année.

Serafe est une filiale de l'entreprise Secon, dont le siège se situe à Fehraltorf (ZH). Cette dernière possède "une grande expérience" et dispose de systèmes informatiques modernes, explique le département de Doris Leuthard.

Employés délocalisés?

Cette décision met à mal Billag et ses quelque 250 employés qui ont été avertis vendredi matin, une heure et demie après leur directeur, Ewout Kea, informé par téléphone à 08h00 de la décision, a-t-il déclaré à l'émission Forums de la RTS. "D'un point de vue d'aujourd'hui, Billag cessera toute activité à fin 2018. Peut-être nous restera-t-il encore quelques petites activités début 2019", a-t-il précisé.

Conformément à la loi sur la radio et la télévision, l'organe de perception ne peut en effet pas pratiquer une autre activité économique. La société doit donc trouver d'autres clients. Mais "le marché du recouvrement est saturé", explique le porte-parole de Billag Dominik Müller.

Tout doit être fait pour que les collaborateurs de Billag puissent utiliser leurs compétences au sein de l'entreprise reprenant le mandat, a réagi le gouvernement fribourgeois. Une convention collective de travail doit être conclue et la reprise des employés garantie, abonde Syndicom.

Le personnel pourrait donc être délocalisé dans le canton de Zurich. Pourtant, l'entreprise ne manquait pas d'atouts pour poursuivre sa mission, déplore le Conseil d'Etat. Cela "porte un coup sévère au marché de l'emploi fribourgeois".

"Une décision politique inacceptable et un cas de dumping salarial plus que probable", a renchéri sur Twitter le conseiller aux Etats fribourgeois et président du Parti socialiste (PS) Christian Levrat.

Plan social

Un plan social existe, a rassuré le directeur. Billag étant une filiale à 100% de Swisscom, la CCT de la maison mère s'y applique. Ewout Kea n'exclut pas une reconversion d'une partie du personnel auprès du géant bleu. Ce sera possible pour certains, mais l'essentiel des collaborateurs, qui habitent la région, ce sont souvent des mères de famille à temps partiel qui ne peuvent pas facilement aller travailer à Berne ou ailleurs, a-t-il nuancé.

L'appel d'offres avait été lancé en été 2016. En tout, trois entreprises ont répondu. L'Office fédéral de la communication n'a pas voulu divulguer le nom du troisième postulant.

Billag a fait l'objet de critiques ces dernières années, qui ont conduit l'entreprise à changer son système de facturation. L'envoi d'une seule facture annuelle au lieu de quatre avait permis d'économiser entre 9 et 10 millions de francs.

Jusqu'à 2025

Autre changement d'envergure: la redevance actuelle va être remplacée par une redevance générale indépendante de la possession d'un appareil de réception. La loi révisée sur la radio et la télévision avait été approuvée de justesse en juin 2015 et est entrée en vigueur au début du mois de juillet 2016.

Serafe effectuera les prélèvements auprès des ménages, alors que l'Administration fédérale des contributions percevra la redevance auprès des entreprises. La loi prévoit que le nouveau système entre en vigueur au plus tard en 2019.

Les premières factures seront envoyées aux ménages à ce moment-là, date à laquelle l'actuel contrat avec Billag arrive à échéance.

Mais Serafe, dont le mandat se termine le 31 décembre 2025, commencera à mettre en place l'infrastructure et le système informatique adéquat dès le 1er juillet 2017. Les données nécessaires à la perception de la redevance seront fournies par les cantons et les communes.

Débats au Parlement

La redevance s'élève actuellement à 451,10 francs par ménage. Avec cette généralisation, la facture devrait baisser à moins de 400 francs, alors que les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 500'000 francs par an débourseront entre 400 et 39'000 francs.

L'annonce frappant Billag intervient alors qu'une initiative visant à supprimer la redevance radio-TV est débattue au Parlement. Le texte, connu sous le nom de "No Billag", a été balayé mercredi au Conseil des Etats. Le National doit encore se prononcer.

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ATS

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