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Plus de deux ans après avoir frappé à la porte de l'UE, la Serbie a obtenu jeudi le statut convoité de candidat à l'adhésion de la part de dirigeants européens. Ceux-ci se sont montrés soucieux de récompenser Belgrade pour ses efforts de conciliation avec le Kosovo et l'arrestation de Ratko Mladic.

"Les pays de l'Union européenne ont décidé d'octroyer à la Serbie le statut de candidat" à l'entrée dans le bloc, a annoncé le président de l'UE, Herman Van Rompuy, à l'issue de la première journée d'un sommet européen. Il fallait l'unanimité des Vingt-Sept pour donner à Belgrade ce précieux sésame attendu avec impatience par le président serbe Boris Tadic.

Derniers doutes levés

A son arrivée à Bruxelles, le président roumain, Traian Basescu, avait levé les derniers doutes sur le feu vert de l'UE, en annonçant qu'il levait son objection à l'octroi du statut à Belgrade, un compromis ayant été trouvé avec les Serbes.

Cet accord garantit notamment que les droits de la minorité roumaine vivant en Serbie, évaluée à quelque 30'000 personnes, soient bien protégés. Il prévoit aussi de veiller au sort de la minorité serbe vivant en Roumanie.

La défense de la minorité roumaine de Serbie avait été avancée mardi par la Roumanie pour justifier son objection à l'octroi du statut à Belgrade. Et la Roumanie était le dernier pays de l'UE à avoir encore des réserves pour cette décision.

La Commission européenne s'est engagée de son côté à suivre de très près "la mise en oeuvre" de la législation serbe de protection des droits de cette minorité, dans le cadre des discussions à venir avec Belgrade.

Chemin encore long

Le statut de candidat officialisé, le chemin reste encore long avant que la Serbie intègre l'Union.

La Serbie doit attendre désormais que les négociations d'adhésion soient ouvertes, ce qui ne sera pas forcément une formalité, puis qu'elles aboutissent. Dans le meilleur des cas, Belgrade peut espérer rejoindre l'Union d'ici la fin de la décennie.

ATS