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La Suisse perdante "si l'Etat de droit est restreint à Hong Kong"

Les représentants du mouvement hongkongais Demosisto, Athena Tong et Arnold Chung, sont venus à Genève pour alerter sur l'emprise grandissante de Pékin.

Keystone/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

Des militants de Hong Kong demandent à la Suisse de dénoncer l'augmentation de l'emprise de Pékin sur l'île qui peut affecter "l'horlogerie suisse". La décision récente d'expulser un journaliste britannique est un "test" pour la démocratisation de la Chine, selon eux.

Plus de 12% des exportations horlogères suisses le sont vers Hong Kong. Même si le marché de Chine continentale augmente, les acheteurs préfèrent l'île en raison des dangers de la contrefaçon. Une raison pour laquelle la Suisse doit "s'exprimer" sur les abus des droits de l'homme sur l'île, dit dans un entretien accordé à Keystone-ATS Athena Tong, la directrice de la communication de Demosisto, mouvement lancé après la "Révolte des parapluies" il y a quatre ans.

La Suisse avait récemment dénoncé l'attitude de Pékin devant le Conseil des droits de l'homme, mais sur la situation au Xinjiang. Elle avait alors déploré le retour manifeste de camps d'internement au Xinjiang où sont détenus de manière "extrajudiciaire" des Ouïghours. La Chine avait ensuite démenti de son côté toute violation et répondu que ces sites contribuaient à cadrer la minorité musulmane.

Venue plaider mardi à Genève avec une coalition d'ONG chinoises la défense des libertés, Mme Tong a participé à une réunion avant l'Examen période universel (EPU) de la Chine le 6 novembre au Conseil des droits de l'homme. L'affaire liée au journaliste Victor Mallet, appelé à quitter le territoire dans les prochains jours pour avoir organisé une conférence avec un opposant, a été abordée.

Cas "sans précédent"

Mercredi, la cheffe du gouvernement local a affirmé qu'elle n'accepterait "aucune action qui défende l'indépendance". Cette privation de droits "contre un correspondant étranger" est "sans précédent", dit un responsable de la politique de Demosisto, également présent à Genève, Arnold Chung.

"Ce que nous savons sur le Xinjiang et sur le Tibet est venu de journalistes établis à Hong Kong", renchérit Mme Tong. Selon elle, la lutte pour le maintien des libertés fondamentales à Hong Kong décidera de la démocratisation de toute la Chine. Si elle n'est pas gagnée, il sera "cinq fois plus difficile" d'appliquer celles-ci dans le reste du pays.

Avec l'affaire Mallet, Pékin "teste les limites de la communauté internationale et de la population de Hong Kong", affirme M. Chung. Sans réaction, la région administrative spéciale deviendra comme n'importe quelle autre ville chinoise "très bientôt". Sans même attendre la fin de ce statut particulier prévue en 2047. Ces dernières années, "la situation a empiré", juge M. Chung.

Des protestations similaires à celles des parapluies semblent peu probables en raison des restrictions contre les citoyens, selon lui. Les manifestants hongkongais ont été régulièrement intimidés et certains ont été poursuivis parfois trois ans après les rassemblements.

Parti interdit récemment

Outre l'affaire de Victor Mallet, le Parti national de Hong Kong (HKNP), mouvement indépendantiste, a été interdit il y a quelques semaines. Une nouvelle ligne de train entre l'île et le continent a abouti au passage sous l'autorité de Pékin d'une partie d'une gare de Hong Kong. Un pont devrait bientôt faciliter l'intégration "en cours" et les retraités sont déjà incités à quitter l'île.

"Nous devenons une partie d'une communauté de villes chinoises" plutôt qu'une région administrative spéciale, déplore Mme Tong. A Hong Kong, les partis politiques n'existent pas formellement et doivent s'identifier comme entreprises. Un statut refusé au mouvement Demosisto depuis son lancement il y a trois ans.

Son secrétaire général Joshua Wong ne peut quitter le territoire jusqu'à un procès en appel contre lui, prévu dans environ six mois. Sa candidate à des législatives partielles Agnès Chow n'avait pas pu se présenter en raison des positions du groupe en faveur de l'autodétermination.

Impossible de prévoir si le mouvement sera à son tour interdit dans un an, cinq ans ou dix ans. "La difficulté est de ne pas savoir ce qu'il faut anticiper", dit Mme Tong. Le mouvement s'appuie sur les contributions financières apportées par des citoyens.

Autre préoccupation, la Chine a été ciblée pour son intimidation des défenseurs des droits de l'homme qui viennent à Genève devant le Conseil. Mme Tong dit avoir été suivie par une Chinoise qui l'a filmée pendant plusieurs minutes en restant 25 mètres derrière elle.

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