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La Suisse part en guerre contre les infections contractées dans les hôpitaux et les EMS, lesquelles causent quelque 2000 morts par an. Environ la moitié des établissements hospitaliers ne prennent pas de mesures de prévention locale.

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a mis lundi en consultation, jusqu'au 14 septembre, une stratégie dénommée "NOSO". La situation est grave, car malgré l'amélioration des techniques médicales, les problèmes d'hygiène demeurent, a noté le responsable de la division maladies transmissibles, Daniel Koch, devant la presse.

Environ 6 à 8% personnes contractent chaque jour une infection nosocomiale dans un établissement hospitalier ou médico-social (EMS) helvétique. Les données ne sont pas actuelles. Mais la dernière étude, datant de 2004, faisait état de quelque 70'000 cas par an et 2000 décès. Dans toute l'Europe, le nombre annuel de morts est estimé à 37'000.

Evitables en grande partie

Les infections postopératoires des plaies ainsi que les bactériémies sur cathéter (septicémie) sont parmi les plus nombreuses et lourdes de conséquences. Mais les pneumonies et les infections des voies urinaires sont aussi fréquentes.

Les coûts supplémentaires directs atteignent quelque 230 millions de francs, selon l'OFSP. Sans compter les incapacités de travail ou le recours aux aides à domicile. Pourtant, des études prouvent que 20 à 50% des cas pourraient être évités.

Absence de mesures

Un sondage mené auprès de 137 hôpitaux et 125 EMS au printemps 2014 montre des résultats inquiétants. Ainsi, dans 55% des hôpitaux et 87% des EMS, il n'y a pas un membre du personnel soignant spécialisé dans l'hygiène ou l'épidémiologie hospitalière.

En matière de prévention, seuls 51% les établissements hospitaliers sondés prennent des mesures locales. Parmi eux, à peine un peu plus de 10% agissent contre les pneumonies nosocomiales ou moins de 40% contre l'infection. Pour ce qui est des EMS interrogés, seuls 38% appliquent des programmes de prévention.

La pression sur les coûts se fait sentir dans les établissements, a constaté Stefan Kuster, médecin engagé dans l'association Swissnoso. Mais il refuse de parler de laisser-aller volontaire à des fins d'économies.

Il est néanmoins difficile d'invoquer des nouvelles dépenses coûteuses pour des programmes de prévention face au conseil d'administration sans pouvoir prouver qu'il y aura des économies réelles à terme. Impossible aussi de dire si le passage au système des forfaits par cas pour la rémunération des hôpitaux suisses, en 2012, a renforcé le risque d'infection.

Travail de persuasion

L'OFSP ne veut pas jouer la police, il est nettement plus important de convaincre les milieux concernés de la nécessité de prévenir les maladies nosocomiales, selon Daniel Kocher.

La stratégie NOSO veut mettre en place une procédure efficace et harmonisée pour surveiller, prévenir et combattre les infections. Elle repose sur douze objectifs et 32 mesures-clé, dont les règles d'hygiène essentielles comme la désinfection des mains.

Le but est aussi de mettre l'accent sur la formation du personnel travaillant dans les hôpitaux et les EMS en matière de prévention des infections. Au chapitre des finances, il est par exemple prévu d'encourager les efforts des institutions de santé par des financements de départ.

Dès 2016

Mais l'OFSP s'est gardé d'articuler des chiffres. Il n'est pas non plus possible de connaître l'objectif global de réduction des infections grâce à la stratégie "NOSO". Des buts seront introduits dans le futur plan d'action.

Les milieux concernés ont jusqu'au 14 septembre pour donner leur avis. Le Conseil fédéral compte adopter la stratégie en décembre afin que la mise en oeuvre puisse débuter en 2016, avec l'entrée en vigueur de la loi sur les épidémies, qui consacre un volet aux maladies nosocomiales.

ATS