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Avant de voter, le président Béji Caïd Essebsi a exhorté les Tunisiens à exercer leur "devoir national".

KEYSTONE/EPA TUNISIAN PRESIDENCY PRESS SERVIC/TUNISIAN PRESIDENCY

(sda-ats)

Les premières élections municipales libres de la Tunisie ont été marquées dimanche par une importante abstention. Le scrutin était pourtant jugé crucial pour enraciner la démocratie dans l'unique pays rescapé du printemps arabe.

A l'issue du vote, qui s'est déroulé sans incident majeur, le taux de participation était de 33,7%, selon l'instance en charge des élections (ISIE), un revers pour la classe politique. Le premier ministre Youssef Chahed a pris acte de cette abstention, estimant que c'était "un signe négatif, un message fort (...) pour les responsables politiques".

Les résultats de ces premières élections locales depuis la révolution de 2011 étaient attendus dans la nuit.

Un institut de sondage a donné le parti islamiste Ennahdha légèrement en tête (25%) devant le parti présidentiel Nidaa Tounès (22%), loin devant les autres formations. Un responsable de Nidaa Tounès a reconnu que son parti était second, et, selon un député d'Ennahdha, les premières tendances confirment que son parti était en tête, notamment pour la mairie de Tunis.

Situation économique difficile

"Le pouvoir a beaucoup promis et peu réalisé. Le Tunisien a peu voté", a estimé l'ancien premier ministre Mehdi Jamaa. Dans un bureau du centre de Tunis, où les électeurs arrivaient au compte-gouttes, Ridha Kouki, 58 ans, s'est déplacé, car voter est "un droit mais aussi un devoir". "Même si l'on n'a pas beaucoup d'espoir, et si les projets sont vides, je viens quand même accomplir mon devoir", a-t-il ajouté.

Mais sept ans après la révolution, qui avait suscité de nombreux espoirs, beaucoup de Tunisiens se disent déçus en raison d'une situation économique difficile, avec une inflation proche des 8%, et un chômage persistant au-dessus des 15%. Ils rejettent aussi les "arrangements" entre partis, aux premiers rangs desquels l'alliance entre le parti libéral Nidaa Tounès du président Béji Caïd Essebsi et les islamistes d'Ennahdha.

"Ce haut taux d'abstention signifie que les partis sont faibles", souligne l'analyste politique Youssef CHarif. "Ces dernières années ils se sont livrés à des combines entre politiciens sans programme d'envergure, et cela n'intéresse pas les citoyens", estime-t-il. "C'est la même chose au Liban (qui vote également dimanche, NDLR) , il y a un problème de représentativité politique".

"Historique"

Repoussées à quatre reprises, ces municipales constituent les premières élections depuis les législatives et la présidentielle de 2014, alors saluées par la communauté internationale. Ce scrutin est "historique" pour la Tunisie, a estimé le vice-président du Parlement européen, Fabio Castaldo, chef des observateurs envoyés par l'UE.

"C'est un pas important pour la stabilité du pays, pour la mise en place complète de la constitution et pour servir de modèle au monde arabe". Les 5,3 millions d'électeurs tunisiens inscrits ont voté pour les conseillers des 350 municipalités à la proportionnelle à un tour, parmi 57'000 candidats. Ces conseillers devront ensuite élire les maires d'ici à la mi-juin.

Des affrontements ont été signalés dans plusieurs régions et la commission électorale a décidé de reporter le scrutin dans huit bureaux de vote de Mdhila, dans le sud, en raison d'une erreur administrative.

Etat d'urgence

Plusieurs partis politiques ont en outre fait état d'achat de voix et d'intimidations, mais un membre de la commission électorale, a estimé que les irrégularités constatées jusqu'ici n'avaient pas eu de conséquences sur le déroulement des élections et n'en modifieraient pas les résultats.

Quelque 60'000 policiers et militaires ont été mobilisés: la Tunisie est sous état d'urgence depuis une série d'attentats djihadistes en 2015.

Dans la foulée de la chute du régime de Zine Al Abidine Ben Ali en 2011, les municipalités avaient été dissoutes et remplacées par de simples "délégations spéciales", dont la gestion a été jugée défaillante au fil du temps.

Le scrutin de dimanche sera suivi de législatives et d'une présidentielle en 2019.

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ATS