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L’Association suisse des locataires (ASLOCA) lance la récolte de signatures pour l’initiative fédérale "Davantage de logements abordables". Elle demande que 10% des nouveaux logements soient déclarés d'utilité publique.

Présentée vendredi à Berne en conférence de presse, l'initiative entend pousser la Confédération et les cantons à "encourager la construction d'habitations à loyer modéré, pour les soustraire à la spéculation et à la pression du profit". Coopératives d'habitation Suisse, l'Union syndicale suisse, le PSS, les Verts et les Jeunesses socialistes soutiennent le texte.

L'initiative demande d'augmenter la part d'habitations d'utilité publique sur tout le parc immobilier. Pour y parvenir, les cantons et les communes seraient autorisés à utiliser un droit de préemption en leur faveur, et notamment sur les immeubles qui appartiennent à la Confédération ou à des entreprises qui lui sont liées comme les CFF ou la Poste.

Selon l'ASLOCA, les loyers des logements appartenant à des coopératives ou en d'autres mains publiques sont jusqu'à 20% meilleur marché que les loyers des appartements en mains privées. Les loyers ne cessent d'augmenter dans les villes et les agglomérations et pour les bas revenus ils représenteraient jusqu'à 30% des dépenses.

"Les autorités reconnaissent le problème mais n'ont rien entrepris de concret jusqu'à présent" a déploré la présidente de l'ASLOCA Marina Carobbio. Le but de l'initiative est de porter la politique du logement au niveau fédéral.

Il s'agit également d'éviter que des programmes d'assainissement, notamment énergétiques, ne donnent lieu à des hausses abusives de loyers. L'argent public ne pourrait plus servir à des rénovations ou transformations si les locataires sont congédiés.

"3500 signatures en près de 3 heures"

La récolte de signatures a débuté vendredi même. Le vice-président de l'ASLOCA et conseiller national Balthasar Glättli (Verts/ZH), a présenté aux médias le nouveau système de récoltes de signatures en ligne.

Les personnes intéressées introduisent leurs coordonnées et reçoivent les bulletins prêts à être signés par courrier électronique ou postal. 3500 personnes se seraient annoncées entre 07h00 et 10h30 vendredi. Les initiants ont jusqu'au 1er mars 2017 pour récolter les 100'000 signatures nécessaires.

Délai de deux ans

L'initiative prévoit un délai de deux ans d'entrée en vigueur à compter de l'acceptation par le peuple et les cantons, sur le même modèle que l'initiative contre l'immigration de masse. Si ce n'est pas le cas, le Conseil fédéral sera tenu d'agir provisoirement en édictant des ordonnances.

L'association des locataires propose une réalisation flexible de son projet, en vue de "répondre au mieux aux réalités cantonales différentes".

Opposition des propriétaires privés

L'association suisse des propriétaires (HEV Schweiz) estime que les mesures préconisées par l'initiative se feraient sur le dos du contribuable. Selon elle, des loyers modérés peuvent très bien être atteints dans des conditions d'économie privée. Elle demande des lois qui permettent la densification de l'habitat.

ATS