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L'accusé a été reconnu coupable lors de trois procès. La cour a toutefois estimé que sa condamnation était basée sur des "preuves insuffisantes" (image symbolique).

KEYSTONE/AP/EUGENE HOSHIKO

(sda-ats)

Un tribunal chinois a acquitté un homme ayant passé 18 ans en prison dans une affaire d'homicide surnommée "le meurtre de la Saint-Valentin". Cette décision constitue le dernier rebondissement en date dans une série de cas de révisions par la justice.

La Haute cour populaire de la province de Jilin (nord-est) a annulé vendredi la condamnation de Liu Jiqiang, 52 ans, et ordonné sa libération, a-t-elle annoncé sur son compte officiel de microblog Sina Weibo.

M. Liu avait été arrêté en 1998, et accusé d'avoir mortellement poignardé et étranglé sa petite amie la même année le 14 février. En 1999, un tribunal local avait condamné l'homme à une peine de mort avec sursis, généralement commuée en prison à vie en Chine.

Liu Jiqiang, dès lors surnommé "le tueur de la Saint-Valentin", a toujours clamé son innocence, mais a de nouveau été reconnu coupable lors de deux procès d'appel successifs en 2002 et 2003.

Lors du dernier, débuté le 19 avril, la Haute cour populaire a jugé sa condamnation basée sur des "preuves insuffisantes". Les avocats de M. Liu avaient estimé que ses aveux avaient été "obtenus suite à la torture et à des interrogatoires illégaux", a par ailleurs rapporté l'agence officielle Chine nouvelle.

Coupables dans 99% des cas

L'affaire est emblématique des risques d'erreurs judiciaires dans le pays. L'usage de la force pour obtenir des confessions reste très répandu en Chine, où la justice est sous le contrôle du Parti communiste. Les acquittements restent exceptionnels, les inculpés étant jugés coupables dans plus de 99% des cas, selon des chiffres officiels.

Cependant, les cas de révisions se sont succédé ces dernières années. En février, un homme emprisonné pendant plus de deux décennies pour meurtre, Chen Man, avait été acquitté pour "manque de preuves".

Fin 2014, un tribunal de Mongolie intérieure (nord) avait prononcé un retentissant acquittement post-mortem d'un adolescent exécuté à tort 18 ans auparavant. Hugjiltu, un jeune homme d'ethnie mongole, avait été condamné en 1996 après avoir "avoué" le viol et le meurtre d'une ouvrière.

ATS