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Dilma Rousseff a perdu une bataille cruciale dans sa lutte pour son maintien à la tête du Brésil. A une majorité écrasante, les députés ont donné le feu vert à sa destitution, ce qui pourrait mettre un terme à 13 années de pouvoir du Parti des travailleurs.

Le vote s'est déroulé alors que des milliers de partisans et d'adversaires de la présidente manifestaient séparément devant le Congrès à Brasilia, comme dans de nombreuses villes du pays.

Les députés favorables à sa destitution ont facilement réuni la majorité des deux tiers requise à la chambre basse du Parlement. Après décompte final des votes, 367 élus se sont prononcés pour la destitution. Seuls 137 députés, de gauche et d'extrême gauche pour l'essentiel, ont voté contre la destitution.

Les députés d'opposition ont laissé éclater leur joie, poings levés, formant une mêlée aux couleurs du Brésil, vert et jaune, autour de l'élu qui a fourni le vote décisif, après plusieurs heures de scrutin. Dans les deux plus grandes villes du pays, Sao Paulo et Rio de Janeiro, des feux d'artifice ont éclairé le ciel nocturne tandis que des concerts de klaxon résonnaient.

Le Sénat décidera

Il revient désormais au Sénat de décider du sort de la présidente, accusée d'avoir maquillé les comptes publics pour favoriser sa réélection pour un second mandat de quatre ans en 2014. D'ici le 11 mai, il suffira qu'il vote à la majorité simple pour que Dilma Rousseff soit formellement mise en accusation pour "crime de responsabilité" et écartée du pouvoir pendant 180 jours au maximum, en attendant un verdict final.

Le vice-président Michel Temer exercera alors les fonctions de chef de l'Etat. En cas de confirmation de la destitution, M. Temer restera à la tête du Brésil jusqu'à la fin prévue du mandat de Dilma Rousseff, soit 2018.

Pays divisé

Cette bataille politique intervient alors que le Brésil est plongé dans sa plus grave récession économique depuis les années 1930. Elle a divisé ce pays de 200 millions d'habitants comme jamais depuis la fin de la dictature militaire en 1985.

La crise a en outre dégénéré en conflit ouvert entre en conflit ouvert entre Dilma Rousseff et Michel Temer, un centriste de 75 ans. Cet affrontement devrait faire perdurer l'instabilité politique, quelle que soit l'issue de la procédure.

Classe populaire

Après 13 années aux commandes du pays, le Parti des travailleurs a conservé le puissant soutien d'une partie des classes populaires. Elles lui sont reconnaissantes de l'amélioration de la qualité de vie de dizaines de millions de personnes.

"La bataille va se poursuivre désormais dans les rues et au Sénat", a réagi José Guimaraes, chef de file des députés du PT. "Nous avons perdu parce que les fomenteurs de coup d'Etat étaient plus forts."

Coup d'Etat

Dans une vidéo et une tribune publiée dans la presse avant le vote, Dilma Rousseff avait démenti avoir commis des actes justifiant sa destitution. Elle avait présenté la procédure contre elle comme un "coup d'Etat".

Au-delà de l'accusation de manipulation des comptes publics, son pouvoir a aussi été affaibli par la récession économique et par l'affaire Petrobras, un dossier de corruption à grande échelle impliquant le puissant groupe pétrolier public. Ses partisans soulignent que le jeu d'écritures comptables qui lui est reproché est fréquemment utilisé par les élus au Brésil.

Les milieux d'affaires brésiliens ont mis tout leur poids dans la bataille contre Dilma Rousseff. Ils misent sur Michel Temer pour restaurer la confiance des entrepreneurs et relancer l'économie.

ATS