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L'Espagne a été dépossédée de la dernière couronne qu'elle coiffait encore. L'Italie s'en est chargée en s'imposant 2-0 à Saint-Denis lors des huitièmes de finale de l'Euro 2016.

Après les champions d'Europe en titre, les gregari d'Antonio Conte auront à faire, samedi à Bordeaux, à l'Allemagne championne du monde, dans un autre grand classique qui fait saliver.

La Squadra la voulait tant, cette revanche. Laver l'affront de Kiev et de cette finale de 2012 où elle n'avait pas existé (4-0), quatre ans après avoir pris la porte en quart de finale de l'Euro 2008, avec la tunique du champion du monde sur le dos, face à cette même Roja (aux tirs au but). Alors, symboliquement, l'ouverture du score signée par Giorgio Chiellini à la 33e restera comme un grand moment dans le livre azzurro pourtant déjà si riche.

Le gladiateur de la Juve, qui avait quitté en pleurs la pelouse de Kiev à la 20e sur blessure, a surgi avec toute sa rage après un double renvoi de David De Gea, d'abord sur un puissant coup franc d'Eder puis sur une tentative de reprise de Giaccherini. Un De Gea qui, s'il avait pu faire naître quelques craintes après ses trois matches en phase de poules, a terminé de convaincre qu'il avait véritablement l'étoffe du successeur de "San" Iker Casillas.

Le portier de Manchester United a réalisé trois miracles. Le premier sur une tête de l'excellent Graziano Pellè (8e), le deuxième sur un mouvement "à la Thierry Henry" conclu par une frappe de Giaccherini (45e) et le troisième en remportant son face-à-face avec un Eder lancé seul par une action d'école Parolo - Pellè (55e).

Si De Gea a eu autant de travail, c'est que l'Espagne a été d'une fébrilité défensive ahurissante. La charnière Piqué - Ramos figure naturellement au premier rang sur le banc des accusés mais les deux centraux ne sont pas les seuls à blâmer. Toute la Roja a pris l'eau, notamment un Sergio Busquets parfaitement inutile dans son rôle de sentinelle et incapable de couper la moindre passe dans l'axe des Italiens. Ainsi, la fragilité apparue contre la Croatie mardi dernier à Bordeaux (1-2) n'était pas le symptôme d'une suffisance espagnole mais d'une insuffisance.

Tout le contraire de cette Italie assise sur un des meilleurs systèmes défensifs au monde animé par le quartet juventino Buffon - Barzagli - Bonucci - Chiellini et le précieux Daniele De Rossi (remplacé à la 54e par Thiago Motta). Du reste, les occasions de l'Espagne ont été non seulement peu nombreuses jusqu'à la 70e, mais aussi et surtout pas si dangereuses que cela. Un tir de Fabregas contré par un tacle plein de conviction de Chiellini (20e), une tête de Morata sur Buffon (49e) et une frappe largement au-dessus de Fabregas (52e). Très maigre.

Puis les 76 165 spectateurs du Stade de France ont eu droit à leur rush de fin de rencontre. Un tir à côté d'Aduriz alors que Buffon était pris à contre-pied (70e), une tête mal cadrée de Ramos (71e), une volée d'Iniesta (76e) et un tir de Piqué (77e) obligeant Buffon à s'envoler. "Gigi" a encore sauvé les siens sur une reprise de Piqué à la 90e, soit une minute avant le 2-0 inscrit en rupture par un Pellè qui méritait bien ça.

La Roja est donc retombée brutalement dans la normalité. A elle désormais de prendre sa revanche, dès le 6 octobre à Turin, puisque les deux équipes sont dans le même groupe des éliminatoires de la Coupe du monde 2018.

"Nous ne nous fixons aucune limite", avait prévenu Antonio Conte, suscitant les ricanements des incrédules, donc de presque tout le monde. Alors, qui ricane maintenant?

ATS