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Le chef des renseignements remet en cause les chasses aux étrangers

Vendredi soir, une nouvelle manifestation a réuni environ 2000 personnes à Chemnitz à l'appel d'un groupuscule local d'extrême droite.

KEYSTONE/EPA/FRANZ FISCHER

(sda-ats)

Le patron du Renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen, a mis en doute vendredi l'existence de "chasses" aux étrangers à Chemnitz. Il va même jusqu'à évoquer une "désinformation ciblée" à propos d'une vidéo diffusée sur internet pour appuyer cette thèse.

"Je partage le scepticisme de certains à propos des allégations des médias faisant état d'extrémistes de droite menant des chasses à l'homme à Chemnitz", a déclaré M. Maassen au quotidien Bild. "Le service de renseignement intérieur n'a recueilli aucune information fiable sur de tels événements", ajoute-t-il.

Les faits se seraient produits en marge du défilé organisé le 26 août par l'extrême droite pour dénoncer l'homicide commis le même jour. M. Maassen a aussi mis en doute l'authenticité d'une vidéo diffusée ce soir-là sur le compte Twitter du groupe d'extrême gauche "Antifa Zeckenbiss" et montrant au moins un jeune homme, probablement d'origine étrangère, poursuivi en pleine rue par des hommes vociférants.

"Détourner l'attention" ?

"En me fondant sur une approche prudente des faits, il y a de bonnes raisons de croire que tout cela relève d'une désinformation intentionnelle, peut-être pour détourner l'attention du public du meurtre de Chemnitz", souligne-t-il.

Le ministre-président du Land de Saxe, le conservateur Michael Kretschmer, a également démenti que des immigrés aient été ainsi pourchassés à Chemnitz, alors que cela ne fait guère de doute pour Angela Merkel. La chancelière a dénoncé le déferlement de "la haine" et "la persécution de personnes innocentes".

Critique des journalistes

La chaîne publique ARD, qui a effectué des recherches poussées sur ce document, a assuré à l'inverse que rien n'indiquait que cette vidéo était un "fake". Elle s'appuie sur les témoignages de journalistes sur place ou l'analyse des lieux.

La Fédération des journalistes allemands a elle aussi critiqué les propos de M. Maassen. "Face à ses doutes, il y a les témoignages de journalistes" sur place, qui ont assisté aux scènes et ont été eux-mêmes parfois agressés, a-t-elle dit.

La police de Chemnitz avait elle-même fait état de plaintes déposées par un jeune Afghan, un Bulgare ou encore un Syrien, suite à des agressions en marge du défilé du 26 août.

Nouvelle manifestation à Chemnitz

Vendredi soir un nouveau rassemblement d'environ 2000 personnes s'est déroulé dans cette ville d'ex-RDA à l'appel du groupuscule d'extrême droite, Pro Chemnitz. Entouré d'un imposant dispositif policier et pris à partie par plusieurs centaines de militants antifascistes, les manifestants ont défilé derrière une banderole "Nous sommes le peuple" et lancé "Merkel doit partir".

"Nous ne sommes pas des nazis", a assuré un manifestant, Daniel Reichelt, 55 ans, convaincu qu'il y a "plus de meurtriers étrangers qu'allemands, car ils n'ont pas de travail".

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