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La Suisse condamne l'attaque, qui a eu lieu sur la partie la plus méridionale de la voie touristique M41, plus connue sous le nom de route du Pamir, prisée par les passionnés de cyclisme pour ses passages à haute altitude avec des cols à plus de 4500 mètres.

Hylgeriak / Wikipedia

(sda-ats)

Les autorités du Tadjikistan ont mis en cause mardi un parti d'opposition interdit dans ce pays d'Asie centrale après l'assassinat de quatre touristes occidentaux. Il a été revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique.

Sept cyclotouristes étrangers, venus affronter les cols de la célèbre route du Pamir, ont été fauchés dimanche par une voiture et attaqués par des hommes armés dans la région de Danghara, à 150 kilomètres au sud de la capitale Douchanbé.

Deux Américains, un Suisse et un Néerlandais sont morts. Une Suissesse et un Néerlandais ont été blessés et un touriste français est indemne. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a rendu plusieurs visites à la Suissesse blessée, a-t-il indiqué, interrogé par Keystone-ATS.

La Suisse condamne

Le département continue d'offrir son soutien à cette personne dans le cadre de la protection consulaire. La Suisse condamne cet attentat avec fermeté et elle a réitéré sa demande afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances, a ajouté le DFAE.

Après avoir dans un premier temps évoqué la piste d'un accident de la route, les autorités de l'ex-république soviétique ont annoncé que les suspects "avaient des couteaux et des armes à feu" et qu'un des touristes avait été blessé à l'arme blanche.

L'attaque a été revendiquée lundi par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), dans un communiqué en arabe diffusé en ligne et relayé par le groupe spécialisé dans la surveillance des réseaux djihadistes Site.

Revendication rejetée

Mais le ministère de l'Intérieur tadjik a rejeté mardi cette revendication et désigné le Parti de la renaissance islamique du Tadjikistan, formation considérée comme modérée au moment de son interdiction en 2015 qui avait été critiquée par les Occidentaux.

Le groupe "a agi sur l'ordre" de Nossirkhoudjy Oubaïdov, "membre actif" du Parti de la renaissance islamique, a assuré le ministère tadjik de l'Intérieur. Il était mené par un autre "membre actif" de ce parti, Housseïn Abdoussamadov, 33 ans, qui a été arrêté et est passé aux aveux, a ajouté la même source dans un communiqué.

Selon ses dépositions à la police, Housseïn Abdoussamadov a suivi en Iran "un entraînement idéologique, militaire et visant à effectuer des actes de sabotage". A ces fins, "il s'est rendu à quatre reprises dans les villes (iraniennes) de Qom et Mazandar entre 2014 et 2015", précise le communiqué.

C'est en Iran "qu'il a prêté serment d'allégeance à Nossirkhoudjy Oubaïdov", membre actif du Parti de la renaissance islamique depuis 1992, selon la même source.

Les relations entre l'Iran et le Tadjikistan, qui partagent l'héritage culturel et linguistique persan, connaissent de fortes tensions depuis que ce pays très pauvre d'Asie centrale s'est tourné vers l'Arabie saoudite et d'autres pays arabes aisés dans l'espoir d'attirer des investissements dans son économie.

Pays laïc

A ce jour, quatre suspects, parmi lesquels Housseïn Abdoussamadov, ont été arrêtés et quatre autres ont été tués par les forces de l'ordre dans des opérations pour retrouver les responsables de l'attaque, selon la police tadjike.

Le Tadjikistan, un pays laïc dont la population est majoritairement sunnite, fait de la lutte contre l'intégrisme religieux une priorité. Les autorités estiment que plus de mille Tadjiks ont rejoint les djihadistes en Irak et en Syrie.

Elles ont pris en 2015 des mesures radicales pour contrer l'influence des extrémistes religieux, parmi lesquelles le rasage forcé des barbes et une campagne contre le port du hijab.

Les autorités ont aussi interdit le parti d'opposition de la Renaissance islamique, alors seul parti islamique légal dans le pays, considéré comme modéré, l'accusant d'avoir cherché à instaurer un "Etat islamique" au Tadjikistan.

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ATS