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La CNUCED souhaite une approche régionale du commerce notamment pour les entreprises des pays africains (archives).

KEYSTONE/AP Images for C40/MULUGETA AYENE

(sda-ats)

Le commerce n'est pas l'ennemi de la lutte contre le réchauffement climatique, selon l'ONU. Mais elle estime que les pays en développement doivent davantage chercher à favoriser dans un premier temps des transactions régionales plutôt que les filières mondiales.

"Il faut arrêter de penser seulement aux chaînes de valeur globales", dit dans un entretien accordé à l'ats la secrétaire générale adjointe de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) Isabelle Durant. Elle souhaite une politique de paliers pour les pays en développement.

Une approche de relocalisation en terme de transports et de marchandises doit permettre de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, dit-elle dans le contexte de la Conférence des Etats parties sur le climat (COP23) en Allemagne. L'échelon régional est plus contrôlable pour les PME et les Etats et permet à certains pays de se "désenclaver".

Il faut éviter "que le climat soit un argument protectionniste" mais aussi de revenir à un commerce uniquement local. La CNUCED veut travailler sur cette question avec la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques (CCNUCC).

Pays africains visés

"Ceux qui incriminent le commerce international" de toutes les responsabilités "se trompent", dit Mme Durant. L'accord sur le climat constitue "un élément structurant de l'économie" qui a un impact sur efforts des pays, notamment ceux les moins avancés (PMA) explique par ailleurs l'ancienne ministre belge des transports.

Plusieurs marchés financiers ont désormais notamment accepté de contribuer à des transactions durables. Sans cibler le président américain Donald Trump ni son entourage ou certains scientifiques européens, la secrétaire générale adjointe ne comprend pas "qu'on puisse encore être climatosceptique".

La dimension régionale, plébiscitée aussi récemment par le Centre du commerce international (ITC) à Genève, permet aussi de favoriser la croissance économique solide et l'emploi, notamment dans le tourisme. Certains pays africains "ont des marchés immenses à côté de chez eux", dit Mme Durant. Mais ce commerce est bloqué par des questions politiques ou sécuritaires.

Selon Mme Durant, les Etats en sont eux-mêmes "de plus en plus conscients". Lorsque les entreprises ont consolidé leur activité commerciale régionale, alors elles devraient penser à accéder aux filières mondiales, ajoute-t-elle. Peu d'entre elles y arrivent et ne sont pas forcément couronnées de succès, dit-elle.

Assistance à près de 130 pays

A terme, elle admet des affrontements possibles entre ce raisonnement régional et une approche mondiale. "Il ne faut pas opposer les deux, même si certains pourraient le faire", selon elle.

Avant la ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en décembre en Argentine, l'institution "n'est pas dans une position facile", dit-elle. Et d'appeler à une avancée sur le commerce électronique. Celui-ci provoque certes des problèmes en terme de livraison mais doit élargir l'accès à l'activité et éliminer des intermédiaires dans les pays en développement.

Au total, la CNUCED accompagne 126 pays dans plus de 250 dispositifs par an financés par 130 Etats.

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ATS