Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

L'armée suisse aurait besoin de 874 millions de francs supplémentaires cette année pour s'équiper. Le Conseil fédéral a transmis mercredi au Parlement le programme d'armement complémentaire 2015, qui succède aux 542 millions déjà sollicités.

La facture globale atteindrait donc 1,416 milliard de francs, à étaler de 2016 à 2022. Une somme sensiblement supérieure à celles déboursées l'année passée (771 millions) et en 2013 (740 millions).

La cause est à chercher du côté du refus du peuple d'acheter les avions de combat Gripen. La droite du Parlement, qui n'a pas digéré que le Conseil fédéral veuille affecter à d'autres départements les 800 millions économisés avec le jet suédois, a exigé d'étoffer la liste de commandes pour cette année.

558 millions pour des camions

Dans le cadre du programme complémentaire, la modernisation de 2220 camions légers tout-terrain forme la plus grosse dépense. La prolongation de leur durée d'utilisation jusqu'en 2040 reviendra à 558 millions. Au total, 3000 véhicules 4x4 "Duro I" ont été acquis dans les années 1990 et officient depuis comme moyen de transport.

Ces poids lourds fabriqués en Suisse combinent plusieurs propriétés. "Ils sont susceptibles de rouler sur les routes mais aussi en dehors, et peuvent aussi bien véhiculer des personnes que du matériel", a loué devant les médias à Berne le ministre de la défense Ueli Maurer. Du coup, aucune des autres offres reçues n'a emporté la mise.

Plus de sécurité pour les soldats

Les soldats bénéficieront d'une sécurité renforcée. "Les sièges seront assortis de ceintures de sûreté et de protection pour la tête". La disposition actuelle des bancs, accolés aux flancs latéraux du camion, met au défi les troupes à chaque coup de frein ou d'accélérateur, les obligeant à se cramponner pour ne pas tomber ou entrer en collision les uns avec les autres.

L'empreinte environnementale des nouveaux "Duro" fera l'objet d'améliorations, tout comme leur confort. "Ces engins se prêteraient même à une parade nuptiale", s'est enthousiasmé avec une pointe d'ironie le Zurichois.

La communication mobile devrait faire l'objet d'investissement. L'acquisition d'appareils à ondes dirigées offrant des fonctionnalités plus étendues est devisée à 118 millions de francs.

Les installations seront sécurisées à l'aide des technologies les plus modernes, a assuré Martin Sonderegger, chef de l'armement. Ce projet, dont l'exécution était agendée d'ici quelques années, a été avancé sous l'effet de l'échec du Gripen, a précisé le conseiller fédéral.

Les troupes manquent de munitions. Depuis 2001, les achats de balles pour fusils d'assaut ne couvrent plus les besoins annuels. La fusée d'une grenade à main doit aussi être remplacée pour des raisons techniques.

Pas de Gripen, mais des canons modernes

La quatrième et dernière proposition concerne la défense antiaérienne (DCA). Là aussi, le "non" opposé dans les urnes au Gripen a entraîné un avancement de cet investissement, évalué à 98 millions.

Les trois systèmes en service arrivent au bout de leur durée de vie. En attendant l'introduction d'un nouveau dispositif, celui de DCA moyenne 35 mm devrait être prolongé.

Concrètement, il s'agit d'étendre le réseau de capteurs existant de la DCA moyenne de 35 mm en équipant les groupes qui ne sont pas encore interconnectés. Les canons de DCA et les appareils de conduite du tir seront retapés pour servir jusqu'en 2025 au moins.

Les achats de matériel militaire procurent un emploi à 500 personnes en moyenne pendant environ neuf ans, affirme le gouvernement. Les commandes découlant des crédits demandés seront adjugées en très grande partie (approximativement 98 %) à l'industrie suisse.

ATS