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Le Conseil fédéral ne souhaite pas être élu par le peuple. Il a recommandé mercredi au Parlement de rejeter l'initiative de l'UDC sans contre-projet. Selon lui, cette réforme conduirait à de coûteuses campagnes et à une partitocratie. Elle menacerait la stabilité des institutions.

En déposant son initiative populaire "Election du Conseil fédéral par le peuple", l'UDC affirme vouloir mettre fin aux tactiques partisanes lors de la nomination du gouvernement. Son texte prévoit une élection tous les quatre ans au système majoritaire.

Le Conseil fédéral juge que les inconvénients de ce système seraient nombreux. Un tel changement conduirait à une campagne permanente, surtout les deux dernières années de la législature, ainsi qu'à davantage de spectacle électoral, a estimé la ministre de justice et police Simonetta Sommaruga, rebondissant sur la récente présidentielle française. Elle craint aussi que les ministres ne se concentrent davantage sur les sondages que sur leur travail.

L'argent, qui sera nécessaire pour financer ces opérations, jouera un rôle plus important, a-t-elle prédit. Une élection par le peuple pourrait ainsi amener les candidats à dépendre de riches individus, entreprises et groupes d'intérêt.

Equilibre à respecter

Les partis nationaux prendraient en outre le dessus sur leurs sections cantonales. Cette "partitocratie" mettrait à mal le fédéralisme, selon Mme Sommaruga. Actuellement, le Parlement peut maintenir un subtil équilibre en choisissant les conseillers fédéraux en fonction de leur sexe, de leur expérience, de leur région et de leur parti.

Le Conseil fédéral affirme aussi que le mode de scrutin proposé favoriserait les cantons fortement peuplés et les zones urbaines, au détriment des zones rurales.

L'élection du gouvernement par le peuple n'est pas une idée nouvelle et n'a pas que l'UDC parmi ses partisans. Plusieurs voix se sont ainsi fait entendre à gauche pour soutenir une telle réforme. Le peuple a refusé deux fois des initiatives socialistes analogues, en 1900 et en 1942.

ATS