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La part du revenu national brut affectée à l'aide au développement devrait atteindre 0,5% en 2015. Le Conseil national a largement approuvé mardi les crédits de 11,35 milliards de francs proposés par le Conseil fédéral pour la période 2013-2016.

Il a accepté les trois arrêtés fédéraux concernés par des majorités de l'ordre de 125 voix contre 50. L'opposition est venue de la seule UDC, car le parti aurait souhaité limiter les dépenses à 9,6 milliards de francs. Mais sa proposition a été balayée par 126 voix contre 55. L'enveloppe adoptée représente ainsi environ un milliard de plus qu'actuellement. Le dossier passe au Conseil des Etats.

Adrian Amstutz (UDC/BE) a sorti l'artillerie lourde pour attaquer l'aide au développement. "C'est une forte hausse. La plupart des pays industrialisés gèlent ou diminuent leur aide, la Suisse fait le contraire."

Et le Bernois d'estimer qu'une trop grande part de ces sommes est engloutie par l'administration. "On augmente les montants sans véritablement analyser l'efficacité". Et compte tenu du déficit structurel attendu pour la Confédération dès 2014, il vaut mieux, selon lui, s'attaquer aux problèmes en Suisse plutôt que d'agir à l'étranger.

Propos "cyniques"

Tous les autres partis se sont opposés à ces arguments, qualifiés de "cyniques" par Hildegard Fässler (PS/SG).

Au nom de la commission, Francine John-Calame (Verts/NE) a estimé que l'augmentation des crédits est modérée. La Suisse se trouve dans le gros du peloton, a-t-elle rappelé, puisque le taux de 0,5% correspond à la moyenne des pays de l'Organisation de coopération de développement économiques (OCDE). Et de noter que "certains pays font nettement mieux".

Pour le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter, la proposition de l'UDC représenterait une importante diminution. "Cela remettrait en cause la crédibilité des autorités et celle du Parlement, puisque c'est lui qui a fixé le cadre de 0,5% à atteindre en 2015". Ces crédits sont conformes au plan financier et au frein à l'endettement, a ajouté le libéral-radical.

ATS