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Pierre Maudet a assisté à la conférence de presse au milieu de ses autres collègues du Conseil d'Etat.

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

Le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet a reconnu mercredi avoir "caché une partie de la vérité" au sujet de son voyage controversé à Abou Dhabi. Ses collègues de l'exécutif lui ont retiré une partie de ses prérogatives.

L'élu PLR s'est excusé auprès des Genevois sur le plateau de Léman Bleu. Il s'exprimait pour la première fois depuis qu'il est visé par une procédure pénale initiée par le Ministère public pour "acceptation d'un avantage". Il a admis que c'était "extrêmement grave".

Très tendu, M.Maudet a expliqué qu'il savait que ce voyage familial pourrait avoir une "composante officielle". Comprenant plus tard que tous les frais avaient été payés par un Etat étranger, cela lui a été "insupportable". "J'ai voulu dissimuler cette réalité", a-t-il déclaré en soulignant avoir voulu protéger sa famille.

Il a été "aveuglé" et s'est alors enfermé dans "une spirale néfaste". Malgré tout, le conseiller d'Etat a jugé "avoir la capacité de gouverner". Il n'est pas question pour lui de "déclarer forfait" et de démissionner. Il attend désormais la décision de la justice.

Très attendue

Quelques heures plus tôt, le Conseil d'Etat a tenu une conférence de presse très attendue. "Nous avons affaire à une situation grave et inédite", a déclaré le vice-président de l'exécutif cantonal Antonio Hodgers. Le magistrat écologiste était accompagné des six autres membres du collège.

Depuis la diffusion, voilà une semaine, d'un communiqué de presse explosif du Parquet genevois, qui annonçait sa volonté de poursuivre Pierre Maudet et qui laissait entendre que l'élu PLR n'avait pas dit toute la vérité sur son voyage à Abou Dhabi, le gouvernement avait gardé le silence.

Mercredi, il a décidé de prendre des mesures organisationnelles pour ne pas entraver le travail de la justice et prêter le flanc à d'éventuelles accusations d'interférences. Pierre Maudet a été dessaisi de certaines tâches. Il conserve néanmoins l'essentiel de ses compétences pour le moment.

Plus la figure du Conseil d'Etat

Ainsi, il a été convenu que Pierre Maudet perde les prérogatives de représentation du gouvernement à l'extérieur, qui reviennent au vice-président Antonio Hodgers. La surveillance des communes, la Genève internationale, les affaires extérieures et autres activités relevant de la présidence, restent entre les mains du magistrat PLR.

Concernant le département de la sécurité, Pierre Maudet n'aura plus à assumer les relations institutionnelles avec le pouvoir judiciaire. Il garde le contrôle de la police, à l'exception de l'IGS (l'inspection générale des services), qui conduit l'enquête sur le magistrat. Ces tâches ont été confiées à Mauro Poggia.

"Face à une situation inédite, nous avons pris la décision qui nous semblait la plus sage", a souligné Antonio Hodgers. Cette solution a le mérite de préserver "la liberté complète du Ministère public dans son enquête sur Pierre Maudet". Ces dispositions pourront être revues en fonction des avancées de la procédure.

Antonio Hodgers a admis que le communiqué du Ministère public avait créé une "certaine surprise" au sein du gouvernement. Ce dernier n'a cependant pas voulu réagir dans la précipitation. Il s'est donné un temps de réflexion afin d'adopter des mesures organisationnelles correctes vis-à-vis des institutions, n'entamant pas sa crédibilité.

Syndicat de police atterré

Marc Baudat, le président de l'UPCP (Union du personnel du corps de police du canton de Genève), qui demandait que Pierre Maudet soit dessaisi de la police durant la procédure judiciaire, s'est déclaré profondément déçu des mesures prises par le Conseil d'Etat. "Elles vont attiser le feu au Parlement", a-t-il prédit.

Le député Jean Batou, d'Ensemble à gauche, a déploré la lâcheté du Conseil d'Etat. Pierre Maudet continuera de diriger la promotion économique, alors que ces voyages à l'extérieur sont en lien avec l'affaire qui le concerne, a noté le représentant de la gauche de la gauche.

"Pour celles et ceux qui espéraient que de l'ordre serait fait au Conseil d'Etat, la déconvenue est de taille XXL", a de son côté fait savoir l'UDC Genève dans un communiqué. Pour le parti, le gouvernement genevois a pris des mesurettes "pour sauver l'un des siens".

"Le Conseil d'Etat a voulu ménager la chèvre et le chou en ne relevant Pierre Maudet que de certaines de ses prérogatives sans toucher ni à la présidence du Conseil d’Etat, ni à ses responsabilités en matière de sécurité et auprès de l’aéroport", relèvent les Verts. En revanche, pour le PDC, le Conseil d’Etat a pris ses responsabilités.

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ATS