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Le coup d'envoi du carnaval de Rio a été donné sous le signe de la contestation. Le maire évangélique Marcelo Crivella (c) a dû se défendre de critiques selon lesquelles ses convictions religieuses pourraient gâcher la plus grande fête du monde.

KEYSTONE/AP/LEO CORREA

(sda-ats)

Le coup d'envoi du carnaval de Rio a été donné vendredi sous le signe de la contestation. Le maire évangélique Marcelo Crivella a dû se défendre de critiques selon lesquelles ses convictions religieuses pourraient gâcher la plus grande fête du monde.

"Je déclare officiellement le carnaval ouvert", s'est écrié le Roi Momo, figure symbolique appelée à régner sur la "Ville Merveilleuse" jusqu'au mercredi des cendres, après avoir reçu les clés de la ville à la résidence officielle du maire.

"Ce n'est pas vrai ce que les gens disent, que (j'ai) une sorte de préjugé contre le carnaval", a affirmé M. Crivella, lors d'un discours peu avant la remise des clés à ce monarque jovial qui incarne l'exubérance charnelle du carnaval.

"Je ne veux pas gâcher la fête", a-t-il insisté, soulignant même que les festivités pouvaient "redonner de l'optimisme" à une ville secouée par la violence et une grave crise financière.

Même s'il était bien présent lors de la cérémonie, le maire s'est toutefois gardé de remettre les clés personnellement au Roi Momo, flanqué de ses "princesses", deux sublimes danseuses vêtues de longues robes recouvertes de paillettes.

Lieu secret

Légèrement en retrait sur le perron, l'ancien pasteur de l'Église universelle du règne de Dieu a gardé les mains derrière le dos et n'a pas touché les clés, laissant le président de l'office de tourisme de Rio s'acquitter de la tâche. L'an dernier, l'édile avait commis une sorte de crime de lèse-majesté en boudant cette cérémonie, quelques semaines à peine après sa prise de fonctions.

Cette fois, le lieu de la cérémonie a été maintenu secret jusqu'au dernier moment pour tenter d'éviter la présence de journalistes. Elle aurait même dû se dérouler à huis clos, mais a fini par être ouverte à la presse.

Coupes budgétaires

Même si le maire tente de donner des signes d'ouverture, les critiques ne cessent de fuser, aussi bien à travers les déguisements des fêtards du carnaval de rue que sur les chars monumentaux des écoles de samba, qui ont dû préparer leurs défilés avec moitié moins de subventions municipales cette année.

Des coupes budgétaires justifiées par l'état désastreux des comptes publics de Rio. Mais pour de nombreux cariocas, nom donné à ses habitants, la crise a bon dos alors que l'afflux massif de touristes devrait injecter environ près d'un milliard d'euros dans l'économie.

Un rat et un vampire

Hormis la frilosité du maire envers les festivités, les Brésiliens ne manquent pas de sujets de moquerie pour ce carnaval au ton revendicatif.

L'école de samba "Beija Flor" a par exemple choisi le thème de Frankenstein pour faire passer l'idée que le Brésil est victime des attaques "monstre" de la corruption et de l'intolérance. Un énorme char à l'effigie d'un rat doit représenter les hommes politiques véreux.

Un autre char effrayant, à l'effigie d'un vampire, doit clore le défilé de Paraiso do Tuiti, une allusion au président conservateur Michel Temer, lui aussi accusé de corruption et dont la cote de popularité est au ras des pâquerettes.

Sécurité relevée

La sécurité du carnaval doit être assurée par plus de 17'000 policiers et les organisateurs ont relevé les normes de sécurité pour éviter que la fête ne soit gâchée comme l'an dernier par des accidents.

Le maire Crivella s'est rendu vendredi matin au Sambodrome pour vérifier la solidité des infrastructures. La municipalité a également annoncé que les conducteurs devraient subir pour la première fois des éthylotests avant les défilés.

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ATS