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La loi valaisanne sur l'aménagement du territoire fait débat. Partisans et opposants argumentent autour d'une loi qui ne plaît ni aux uns ni aux autres. Le peuple devra se prononcer le 21 mai sur un moindre mal (archives).

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

Le débat autour de la loi cantonale valaisanne sur l'aménagement du territoire s'anime. Seul point de convergence entre partisans et opposants: l'obligation d'appliquer la loi fédérale.

La loi instaure un mécanisme permettant de limiter le dézonage de terres à bâtir excédentaires: la zone d'urbanisation. Cette particularité permettrait de ne dézoner qu'un millier d'hectares de terrain au lieu du double, en appliquant strictement la loi fédérale.

Mais le canton n'a pas assez exploité la marge de manoeuvre qui lui est laissée, ont dit les opposants qui ont présenté leurs arguments mardi. La zone d'urbanisation restera non constructible, sans garantie qu'elle le devienne un jour et sans indemnisation, a déclaré le coordinateur de la campagne Grégory Logean (UDC).

L'indemnité des propriétaires concernés par un dézonage ou une mise en zone d'urbanisation de leur terrain est au centre des arguments des opposants. Ils critiquent une loi qui ne prévoit rien et réclament la création d'un fonds d'indemnisation alimenté par une taxe sur la plus-value lors de la vente ou la construction sur un terrain à bâtir.

Le moindre mal

Les partisans mettent le concept de zone d'urbanisation au centre de leur argumentaire. Pour eux, le choix est simple: la loi cantonale est acceptée et il faudra dézoner un millier d'hectares, ou elle est refusée et il faut appliquer la loi fédérale et dézoner le double. Contrairement aux opposants, ils estiment qu'il n'y a pas d'autre choix.

Pour le conseiller national Yannick Buttet (PDC), du comité favorable le texte, la loi fédérale n'est pas bonne pour le Valais, mais tous les autres cantons l'ont acceptée. Il estime illusoire de vouloir négocier un assouplissement à Berne. La loi cantonale a le mérite de limiter les dégâts.

Dans le camp du non, le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC) ne voit pas les choses de la même manière. Le Valais doit appliquer la loi fédérale, mais il faut tout de même tenter de renégocier un assouplissement et seul un non à la loi obligerait le gouvernement cantonal à le faire.

L'Association des communes valaisannes, l'Association des entrepreneurs et la section valaisanne de l'Union suisse des professionnels de l'immobilier sont favorables à cette loi acceptée au Grand Conseil par 93 voix contre 14. La chambre immobilière valaisanne ne se positionne pas. "Autant demander à un médecin de se prononcer entre la peste et le choléra", écrit-elle dans un communiqué. Le peuple tranchera le 21 mai.

ATS

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