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La CICAD, ici son président Alain Bruno Lévy et son secrétaire général, Johanne Gurfinkiel, veut la création d'un groupe de réflexion sur le financement des mesures indispensables à la sécurité des communautés juives.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

La Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD) a exprimé jeudi ses craintes face au djihadisme et à l'extrême droite. Elle a recensé 153 actes antisémites en 2016 en Suisse romande.

Cinq sont considérés comme sérieux et un comme grave, selon le rapport annuel publié par la CICAD. Le cas grave est une agression à Genève où un juif a été giflé et insulté du seul fait de son appartenance religieuse.

Parmi ces 153 actes, 42% ont trait à un "complot juif mondial", 20% concernent des théories négationnistes et 22% les théories antisémites classiques. Une forte hausse a été constatée sur les réseaux sociaux par rapport à 2015. Toutefois, le nombre total des actes antisémites est en diminution par rapport à 2015 (164).

La CICAD reste toutefois très inquiète, a indiqué devant les médias Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la CICAD. La menace du djihadisme reste la préoccupation première et principale de la CICAD, a-t-il ajouté. Huit incidents problématiques en termes de sécurité ont été signalés aux abords de lieux de la communauté juive. Ces incidents ont nécessité une intervention et une enquête policière, a-t-il précisé.

La CICAD a aussi recensé 100 cas de comportements suspects ayant entraîné "une prise d'information". En clair, des individus n'ayant rien à faire autour de ces lieux ont été signalés. Des mesures de sécurité ont dû être mises en place pour faire face à la menace terroriste. Une dizaine de bâtiments sont concernés à Genève et une quinzaine pour l'ensemble de la Suisse romande.

Les coûts sécuritaires

Discrétion oblige, la CICAD ne détaille pas ces mesures. Le secrétaire général précise toutefois que leur coût global à Genève est d'environ 1 à 1,5 million de francs. Sécuriser les lieux de culte est une affaire de sécurité publique, selon Alain Bruno Lévy, président de la CICAD.

"Nous voulons la création d'un groupe de travail pour examiner la façon dont il sera possible de financer les mesures indispensables à la sécurité des communautés et organisation juives", a-t-il annoncé. Ce groupe devrait inclure des représentants des cantons, des villes et de la Confédération.

Hasard du calendrier, le Conseil fédéral a répondu ce jeudi à un postulat du conseiller national Guillaume Barazzone (PDC/GE) qui s'interrogeait sur la protection des minorités contre la menace terroriste. Il s'est dit prêt à analyser si le dispositif actuel est suffisant et souligne qu'il n'appartient pas aux minorités religieuses d'assumer elles-mêmes les coûts de sécurité.

www.cicad.ch

ATS

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