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Margaret Atwood a écrit le roman "La servante écarlate", dont l'adaptation télévisée a été couronnée aux derniers Emmy Awards en septembre (archives).

KEYSTONE/AP dpa/ARNE DEDERT

(sda-ats)

La romancière canadienne Margaret Atwood, malmenée sur les réseaux sociaux, a continué à soutenir dimanche une chronique où elle disait que le mouvement #Metoo est le reflet d'une justice défaillante. Elle met en garde contre une justice expéditive et populaire.

"Le mouvement #Metoo est le symptôme d'un système judiciaire cassé", a-t-elle écrit dans une tribune titrée "Suis-je une mauvaise féministe?", publiée dans le quotidien Globe and Mail samedi.

"Trop souvent, les femmes et les autres victimes d'abus sexuels faute d'obtenir une audience juste des institutions, y compris les entreprises, utilisent un nouvel outil: Internet", poursuit-elle.

Les réactions ont alors déferlé, plus souvent à charge que pour soutenir la romancière dont l'adaptation de son ouvrage le plus connu, "La Servante écarlate" (titre original: "The Handmaid's Tale") a été couronnée aux derniers Emmy Awards en septembre.

Justice expéditive

En référence aux actrices qui ont dénoncé les agressions du producteur déchu Harvey Weinstein, la romancière de 78 ans parle d'"étoiles tombées du ciel", sonnant comme un sérieux rappel à l'ordre.

"Mais après?", s'interroge Mme Atwood. Les institutions, les entreprises et les lieux de travail doivent faire le ménage ou "on peut s'attendre à ce qu'encore plus d'étoiles tombent et aussi pas mal d'astéroïdes".

Et Margaret Atwood de se référer à l'histoire pour dénoncer les risques d'une justice expéditive et populaire. La conception "coupable car accusé" renvoie "à la révolution française, les purges du stalinisme dans l'ex-URSS, la révolution culturelle en Chine, la dictature des généraux en Argentine ou les premiers jours de la révolution iranienne".

"La condamnation sans procès, c'est le début de la réponse à un manque de justice, que le système soit corrompu comme dans la période prérévolutionnaire en France, ou qu'il n'y en ait simplement pas comme au Far West, alors les populations prennent elles-mêmes les choses en main", a-t-elle écrit.

Très active sur son compte Twitter, elle a répondu à ses détracteurs dimanche. Certaines femmes l'accusaient d'avoir signé une pétition en soutien à un professeur d'université poursuivi pour harcèlement.

"Partager un tweet n'est pas l'approuver. Nous devons être conscients des avis qui ne sont pas les nôtres", a-t-elle posté sur son compte Twitter, comme également ce rappel: "Si tout le monde adoptait la déclaration universelle des droits de l'homme, il y aurait égalité des sexes".

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ATS