Le fonds de pension de l'armée turque Oyak va mener des négociations exclusives afin de racheter le sidérurgiste britannique en faillite British Steel et tenter de sauver plus de 4000 emplois.

Oyak a annoncé dans un communiqué publié vendredi que son bras financier Ataer Holding a été choisi comme repreneur potentiel de British Steel qui avait été contraint de se déclarer en faillite en mai dernier.

"Nous avons (...) signé un accord préliminaire pour acheter le géant industriel du Royaume-Uni, British Steel", a annoncé le directeur général d'Oyak, Süleyman Savas Erdem.

Le groupe truc va désormais discuter pendant deux mois avec British Steel et espère conclure le rachat d'ici à la fin de l'année.

Dans un communiqué distinct, l'administrateur judiciaire officiel, qui gère la faillite du groupe britannique pour le compte des pouvoirs publics, a confirmé le choix d'Ataer, qui a été préféré à plusieurs autre prétendants.

Salariés payés

"Je suis heureux d'annoncer que j'ai reçu une offre acceptable de la part d'Ataer pour le rachat de l'ensemble de l'activité" de British Steel, souligne l'administrateur, qui espère conclure le processus dans les prochaines semaines.

En attendant, British Steel poursuit son activité normalement et ses plus de 4000 employés, dont la majorité sur le complexe sidérurgique géant à Scunthorpe dans le nord-est de l'Angleterre, continuent d'être payés, les pouvoirs publics s'étant portés garants.

Numéro deux du secteur au Royaume-Uni derrière Tata Steel, British Steel a fait faillite faute de liquidités suffisantes et après l'échec de discussions avec le gouvernement britannique sur une nouvelle injection d'argent frais.

Il avait mis ses difficultés financières sur le compte du Brexit, dont les incertitudes plombent la demande en acier de ses clients européens.

Sa faillite a suscité des craintes sur l'avenir de ses salariés et de la vingtaine de milliers de personnes qui travaillent pour ses fournisseurs.

"Soulagement"

Le puissant syndicat britannique Unite s'est d'ailleurs félicité de l'annonce des discussions avec le fonds de pension truc, non sans quelques réserves.

"L'heure est au soulagement", souligne Harish Patel, un responsable de Unite, qui appelle toutefois le gouvernement à surveiller de près la situation et à assurer un avenir viable à la sidérurgie britannique, notamment en évitant un Brexit sans accord.

Les pouvoirs publics auraient de leur côté donné leur accord à un soutien financier de 300 millions de livres pour soulager à court terme les finances de British Steel, révélait la chaîne Sky News la semaine dernière.

L'ouverture de négociations exclusives avec Oyak "est une avancée importante et positive afin de garantir l'avenir de British Steel", a commenté Andrea Leadsom, ministre des Entreprises et de l'Industrie du gouvernement de Boris Johnson.

"Le Royaume-Uni a une longue et fière histoire dans la sidérurgie et je tiens à ce qu'elle ait un avenir moderne et durable", complète-t-elle.

La reprise du sidérurgiste britannique par le fonds de pension turc ne concerne en revanche pas les sites français de Saint-Saulve (Ascoval) et Hayange. Ces derniers appartiennent à la holding Olympus du fonds Greybull, qui était la maison mère de British Steel mais n'a pas fait faillite.

Reste à savoir désormais si British Steel pourra prendre un nouveau départ trois ans après avoir été relancé par Greybull avec la reprise de la division européenne de produits longs du numéro un britannique Tata Steel.

Ces produits sont demandés dans le secteur ferroviaire et de la construction, la SNCF française et le britannique Network Rail étant des clients importants.

Oyak, créé en 1961 un an après un coup d'Etat militaire, connaît bien le secteur puisqu'il détient 49% du sidérurgiste turc Erdemir, dont l'activité serait complémentaire avec celle de British Steel.

Les actifs total du conglomérat Oyak s'élevaient à 19,3 milliards de dollars en 2018, avec des investissements dans le ciment, l'énergie, les services financiers et l'automobile.

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