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Le directeur de la Banque nationale suisse (BNS), Thomas Jordan, estime que "le franc est nettement surévalué par rapport au dollar et à l’euro". La réaction des marchés financiers à la décision d'abandonner le cours plancher de 1,2 franc pour 1 euro a été excessive, selon lui.

"Nous observons d'importants excès dans les cours actuels", déclare Thomas Jordan dans une interview diffusée samedi par "Le Temps" et la "Neue Zürcher Zeitung". Les marchés doivent progressivement trouver leur équilibre, "ce qui pourra prendre du temps", ajoute-t-il, précisant que la BNS était consciente que sa décision inattendue pouvait avoir un fort impact.

La banque centrale suisse a pris les marchés par surprise jeudi en annonçant l'abandon du cours plancher, ce qui a fait bondir le franc face à la devise européenne et entraîné une chute des titres des grands groupes helvétiques, dont face à la devise européenne et entraîné une chute des titres des grands groupes helvétiques, dont les exportations risquent de souffrir. Vendredi vers 18h15, la monnaie unique européenne valait 0,981 franc.

Le dollar cotait à 85,22 centimes. Le franc s'est apprécié face à toutes les principales devises. Jeudi matin, l'euro valait encore 1,2 franc et le dollar s'échangeait à 1,01-1,02 franc.

Perdre le contrôle de la politique monétaire

La banque, poursuit M. Jordan, était convaincue depuis quelques jours qu'avec la divergence croissante des politiques monétaires, il deviendrait impossible de préserver ce plancher. "Si la BNS avait poursuivi cette politique, elle risquait de perdre le contrôle de sa politique monétaire de long terme."

Mais "nous étions conscients des difficultés" que la décision allait engendrer pour les entreprises, explique-t-il. "Il est important que l’économie ne surréagisse pas et analyse de façon approfondie la nouvelle situation". Le directeur de l'institut monétaire rappelle que le taux plancher était une mesure exceptionnelle d'une durée limitée. Il devait être "abandonné" un jour.

M. Jordan relève également que l'économie suisse est dans une meilleure situation qu'en 2011, lors de l'instauration du taux plancher. "Nous étions sortis d'une crise économique majeure". Trois ans pour s'adapter, "ce n'est pas négligeable", remarque-t-il, précisant que la croissance était relativement bonne l'an dernier.

Thomas Jordan note qu'une sortie graduelle du cours plancher était impossible. Elle n’aurait pas "résolu le problème fondamental de la divergence des politiques monétaires des grandes régions (...) En peu de temps, on se retrouverait à la case départ".

Le directeur de la BNS reste vague au sujet d'éventuelles nouvelles mesures de la banque centrale. Il estime cependant qu'un contrôle des capitaux n'est pas une option "réaliste".

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ATS