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Dans la plaine, l'aspersion d'eau a permis de préserver les 200 hectares d'abricotiers et les 1400 hectares de fruitiers à pépins (archives).

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

Les gelées nocturnes de la semaine dernière ont dévasté les cultures valaisannes. Les dégâts sont immenses. Du jamais vu de mémoire d'agriculteur.

En trois nuits de gel, des viticulteurs et des arboriculteurs ont perdu la quasi-totalité de leur récolte, a déclaré mardi lors d'un premier bilan le chef du service cantonal de l'agriculture Gérald Dayer. "Pour eux, cela signifie la perte de leur revenu annuel, c'est dramatique".

Une première évaluation des dégâts faite par les services de l'Etat montre l'étendue des dommages. Environ 2000 hectares de vignes, soit plus de 40% du vignoble cantonal, ont été touchés. Globalement, presque toute la récolte de ces vignes est perdue. Et seul un tiers des surfaces d'abricotiers est sorti indemne des nuits de gel. Au moins la moitié de la récolte d'abricots est perdue.

"Crise cardiaque"

La première nuit de gel avait mis à mal une partie des vignes de fond de coteau entre Ardon et Martigny. Mais le froid plus intense des deux nuits suivantes, les températures sont descendues à -12 degrés par endroits, n'a épargné pratiquement aucune vigne. "Avec la sécheresse ambiante, la vigne a pris un gros coup, comme une crise cardiaque", illustre le chef de l'office de la viticulture Pierre-André Roduit.

Le vignoble souffre davantage. Au niveau du sol, la température est beaucoup plus faible qu'à deux ou trois mètres de hauteur. Il peut y avoir plusieurs degrés de différence, ce qui explique en partie que certains arbres ont moins souffert, précise Jacques Rossier, chef de l'office de l'arboriculture.

Les moyens de lutte utilisés peuvent faire remonter la température de deux ou trois degrés, mais ce n'est pas suffisant dans des conditions aussi extrêmes. En plus du froid, la météo de la fin de l'hiver a été favorable à la végétation dont la maturité avait une quinzaine de jours d'avance.

La plaine préservée

Les moyens de lutte sont aussi inégaux entre le coteau et la plaine du Rhône. Dans la plaine, l'aspersion d'eau, qui crée une couche de gel protectrice autour des plants, est largement utilisée, précise M. Rossier. D'ailleurs, les 200 hectares d'abricotiers et les 1400 hectares de fruitiers à pépins ont été préservés.

Cette technique est efficace mais nécessite beaucoup d'eau. Dans la plaine, l'eau est prise dans la nappe phréatique où elle retourne. Sur le coteau, l'approvisionnement en eau est plus difficile. De surcroît, l'aspersion implique un risque d'érosion des terres qui peut déboucher sur d'autres problèmes. A flanc de coteaux, les agriculteurs placent plutôt des bougies dans les cultures pour réchauffer l'air ambiant.

Situation inédite

Le dernier épisode de grand gel qui a marqué les esprits remonte à 1974. Et la situation n'était pas aussi dramatique, précise Pierre-André Roduit. Cette année, plusieurs milliers de vignerons et d'encaveurs sont touchés à des degrés divers.

La question de faillites d'entreprises agricoles se pose. Pour certains encaveurs, il n'y aura pas de millésime 2017. Ils n'auront aucun revenu cette année et devront travailler encore plus dur pour sauver leurs vignes, explique M. Roduit. Certains arboriculteurs, spécialisés dans l'abricot, sont dans des situations similaires.

Dans l'immédiat, le canton peut proposer des crédits sans intérêt aux agriculteurs frappés. "Cela ne remplace pas le revenu mais on est prêt à intervenir rapidement avec cet instrument", précise M. Dayer. A court terme, le but est de permettre la survie des exploitations.

Il y a une volonté claire de l'Etat de mettre en place toutes les mesures possibles pour venir en aide aux agriculteurs. Toutes les possibilités aux niveaux cantonal et fédéral seront analysées, précise M. Dayer. Sur le plus long terme, ces événements vont peut-être faire avancer le dossier de l'assurance récolte, selon M. Dayer, surtout que le gel n'a pas épargné d'autres cantons suisses.

ATS

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