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De l'eau est parfois giclée afin de former une couche de glace qui protège la vigne. Comme ici à Saxon (VS).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Les arbres fruitiers ont commencé à fleurir environ deux semaines plus tôt que d'habitude à cause des jours de soleil et chaleur précédant Pâques. Mais, comme avec le vignoble, le gel nocturne les a surpris dans une phase très sensible de leur développement.

Le montant des dégâts liés au gel est encore difficile à chiffrer, à cause du manque d'informations en provenance des principales régions de récoltes, a indiqué lundi à l'ats Fruit-Union suisse, la faîtière des producteurs. Mais "c'est grave", selon Georg Bregy, directeur de l'association. Selon lui, le total des dommages se monterait à plusieurs dizaines de millions de francs.

De nombreux producteurs ont affirmé que le gel n'a jamais été aussi dévastateur depuis 40 ans, d'après M. Bregy. Dans certains domaines, presque l'entier des récoltes a été anéanti, d'où "une perte de rendement qui menace l'existence de ces exploitations".

Les producteurs ne sont pas assurés contre les dégâts liés au gel. Ils peuvent prendre eux-mêmes des mesures pour se prémunir contre ce fléau, selon le directeur de Fruit-Union suisse. Les nuits de la semaine dernière étaient cependant si froides que les moyens de protection habituels, comme les bougies en paraffine, n'ont pas suffi à éviter les dommages aux arbres fruitiers.

Technique salvatrice

Quelques producteurs, notamment en Valais, ont réussi à sauver leurs cultures en aspergeant d'eau les arbres contenant des fruits à pépins ou noyau. La couche de glace ainsi formée a pu protéger les bourgeons et les jeunes fruits.

Seuls les paysans bien équipés et qui avaient suffisamment d'eau à disposition ont pu appliquer cette technique, a néanmoins rappelé M. Bregy. Les domaines les plus proches des grands lacs, dans les cantons de Vaud, de Genève ou de Thurgovie, ont été davantage épargnés par le gel, étant donné que la surface de ces énormes plans d'eau a pu agir de façon semblable sur les cultures environnantes.

Soleil et chaleur très précoces ont aussi leur part de responsabilité dans le dépouillement des cultures, a pointé Othmar Eicher, expert en arboriculture au centre agricole de Gränichen (AG). Les températures clémentes de février et mars ont favorisé le développement des bourgeons. Le gel a alors pu surprendre pommiers, poiriers, pruniers et cerisiers au cours de cette phase délicate.

La vigne souffletée

Les betteraves à sucre et les tournesols n'ont pas non plus été épargnés et ont déjà perdu leurs semences. Toutes les régions viticoles de Suisse ont aussi souffert des assauts répétés du gel. L'ensemble du vignoble alémanique a été frappé, y compris des régions rarement concernées comme celle du lac de Zurich.

Les frimas y ont même éprouvé les cultures encore plus durement qu'en Suisse romande, leurs effets étant renforcés par l'humidité, selon la Fédération suisse des vignerons, qui ne livre à ce stade qu'un tour d'horizon des régions les plus touchées. Pour chiffrer l'ampleur des dégâts, il faudra attendre trois à quatre semaines, a indiqué sa directrice, Chantal Aeby.

On verra si certains bourgeons secondaires permettent d'en sauver une partie. Selon le mode de taille et le cépage, il arrive que quelques-uns de ces bourgeons soient productifs. "Cela impliquerait du travail supplémentaire, mais nous permettrait de nuancer positivement le bilan", a dit le président de Vitiswiss Boris Keller.

Risque rarement assuré

En Suisse romande, les vignobles du Valais et du Vully (FR) semblent les plus touchés, avant ceux de Neuchâtel et Vaud. Côté vaudois, "seuls quelques endroits peu ventilés, où le froid s'est accumulé, déplorent des pertes", a indiqué François Montet, président de la Fédération vaudoise des vignerons (FVV). La bise a souvent sauvé la situation, car elle a permis un brassage d'air salutaire.

Aucune aide financière n'est pour l'heure prévue par le canton de Fribourg, selon son service de l'agriculture. L'Etat du Valais est pour sa part en train d'analyser les dégâts, qui sont actuellement estimés entre 10 et 20%. Les responsables rencontrent les agriculteurs touchés et examinent les mesures à prendre, a précisé Eugénie Liand-Debons, collaboratrice du service de l'agriculture.

Le gel frappe statistiquement moins souvent que la grêle, aussi seuls environ 5% des vignerons sont assurés, a relevé la société d'assurance Suisse Grêle. La donne pourrait toutefois changer, car sous l'effet des changements climatiques, le gel printanier pourrait devenir un problème récurrent, a souligné Boris Keller.

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ATS