Toute l'actu en bref

L'annonce que "le glyphosate ne devrait pas être classé comme cancérogène" a provoqué la fureur des ONG de défense de l'environnement (image symbolique).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Le glyphosate, herbicide contesté, ne doit pas être classé comme cancérogène, selon l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Ses conclusions seront transmises à la Commission européenne, qui doit prendre une décision sur l'avenir du produit dans l'UE.

L'avis a fait consensus parmi les membres du Comité d'évaluation du risque de l'ECHA, a déclaré lors d'une conférence de presse sur internet Jack de Bruijn, directeur de cette division de l'agence européenne basée à Helsinki.

La Commission compte sur cet avis pour relancer la procédure en vue d'un éventuel renouvellement de la licence du glyphosate dans l'Union européenne. Cette procédure sera alors relancée de zéro.

La décision devra être prise "dans les six mois" après réception de cet avis, par le comité scientifique chargé du dossier, présidé par la Commission et au sein duquel siègent des représentants des Etats membres.

ONG furieuses

L'annonce que "le glyphosate ne devrait pas être classé comme cancérogène" a provoqué la fureur des ONG de défense de l'environnement. Ces dernières accusent le comité d'avoir écarté les études négatives sur le glyphosate.

Le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), une branche de l'OMS, avait notamment évalué le risque cancérogène comme "probable", rappellent-elles.

"Preuves flagrantes rejetées"

"Pour arriver à ses conclusions, l'ECHA a rejeté des preuves scientifiques flagrantes de cancers chez des animaux de laboratoire, passant outre les avertissements de plus de 90 scientifiques indépendants, et se basant sur des études non publiques commandées par des producteurs de glyphosate", a dénoncé Greenpeace dans un communiqué.

Les experts se sont basés sur toutes les informations disponibles sur le glyphosate, à la fois concernant des études sur les humains et sur d'autres espèces animales, a soutenu de son côté M. de Bruijn.

L'ECHA est chargée de la classification des produits chimiques dans l'UE et doit déterminer le danger potentiel intrinsèque des substances évaluées. L'agence ne prend pas en compte les critères d'exposition, par exemple.

"La science l'a emporté"

"La science l'a emporté", a réagi de son côté l'Association européenne des fabricants de pesticides, l'ECPA (regroupant Monsanto, Bayer, Dow, BASF, Syngenta...). Celle-ci dit s'attendre à ce que la Commission s'engage rapidement dans un nouveau processus d'agrémentation pour 15 ans.

Soit "le même assentiment originellement suggéré par la Commission avant que la substance ne devienne l'objet d'un débat politique et affectif plutôt qu'un débat scientifique", s'est félicité Graeme Taylor, le porte-parole de l'ECPA.

Etats membres pas convaincus

L'utilisation du glyphosate est devenue de plus en plus controversée au cours des derniers mois, sur fond de campagne active des défenseurs de l'environnement.

La Commission européenne n'a pas réussi à convaincre les Etats membres de renouveler la licence de l'herbicide, qui arrivait à expiration à l'été 2016.

Lors d'un vote fin juin au sein d'un comité scientifique où les Etats membres sont représentés, la France et Malte avaient voté contre et sept pays s'étaient abstenus (Allemagne, Italie, Portugal, Autriche, Luxembourg, Grèce, Bulgarie), bloquant la décision.

L'exécutif européen s'était alors résolu à accorder une prolongation de 18 mois à la substance autour de laquelle les enjeux économiques sont importants: elle est l'ingrédient clé des herbicides les plus utilisés par les agriculteurs européens.

Restrictions d'utilisation

Des restrictions à son utilisation ont tout de même été instaurées, soit l'interdiction de certains adjuvants du glyphosate et des règles pour limiter son exploitation dans des endroits comme les parcs et les jardins publics.

Si la décision d'autoriser le glyphosate se prend au niveau de l'UE, il revient à chaque Etat membre d'autoriser ou non l'utilisation de pesticides à base de la substance sur son territoire.

Le plus connu, et le plus vendu, est le Roundup de l'américain Monsanto.

ATS

 Toute l'actu en bref