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Le gouvernement japonais a gonflé ses ratios de salariés handicapés pour respecter les quotas légaux (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Le gouvernement japonais a présenté mardi ses excuses après la découverte que de nombreux ministères avaient sciemment gonflé leurs ratios de salariés handicapés pour respecter les quotas légaux. Il a qualifié le scandale d'"extrêmement regrettable".

Des milliers d'employés de 27 ministères et agences gouvernementales ont été déclarés comme handicapés, alors qu'ils ne possédaient pas le document officiel probant, équivalent d'une carte d'invalidité.

Grâce à ces manipulations des statistiques, le gouvernement affichait l'an dernier un ratio de 2,49%, en conformité avec la loi qui imposait alors un quota de 2,3%. Or en réalité, seulement 1,19% du personnel était affecté d'un handicap, selon les chiffres révisés fournis mardi.

Groupe de travail

"Cela n'aurait jamais dû se produire au sein du gouvernement, qui a la responsabilité de fournir un emploi sûr aux personnes souffrant d'un handicap", a déclaré le porte-parole de l'exécutif, Yoshihide Suga, lors de son point presse régulier. Il a annoncé la création d'un groupe de travail sous la houlette du ministère du Travail pour tenter de faire la lumière sur l'affaire, et a appelé les autorités locales à mener des enquêtes similaires.

"Nous ferons des efforts pour respecter nos obligations légales cette année. Mais si cela s'avère difficile, nous ferons en sorte d'y parvenir l'an prochain", a promis le ministre de la Santé, Katsunobu Kato, devant les journalistes. La situation est "extrêmement regrettable", a-t-il ajouté.

"Onde de choc"

Le Conseil national du handicap, qui défend les droits des handicapés au Japon, a évoqué "une onde de choc incommensurable". "Cela signifie qu'au fond de lui-même, le gouvernement dans son ensemble n'a pas envie d'embaucher des salariés handicapés. C'est de la discrimination pure et simple", a commenté le groupe.

La ministre des Affaires intérieures, Seiko Noda, s'était dit "choquée" la semaine dernière par l'existence de telles pratiques, y compris au sein de son ministère. "En tant que mère d'un enfant handicapé, je trouve cela intolérable", avait-elle lancé.

Comme dans de nombreux pays, beaucoup reste à faire dans l'archipel pour favoriser l'intégration des personnes handicapées et adapter les infrastructures.

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