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Le Chinois Wang Bing remporte le Léopard d'or avec son documentaire "Mrs. Fang".

Keystone/URS FLUEELER

(sda-ats)

Le concours international du Festival de Locarno a été très relevé cette année, assurant un suspense exceptionnel. A l'arrivée, c'est la surprise: le Léopard d'or va au documentaire chinois "Mrs. Fang". Le film américain "The Big Sick" remporte lui le prix du public.

Dans "Mrs. Fang", le spectateur assiste aux derniers jours d'une dame âgée. Evitant tout voyeurisme, le réalisateur Wang Bing montre avec sobriété l'histoire de Fang Xiuying, une ancienne paysanne qui a souffert d'Alzheimer durant huit ans. Après un séjour dans un foyer, qui n'apporte pas d'amélioration à son état de santé, sa famille la reprend à la maison, où elle décède finalement en 2016.

"Les gens que je filme sont avant tout des personnes ordinaires, dont la société chinoise traditionnelle ne se préoccupe pas. Ils vivent partout comme des fourmis et nous n'entendons jamais leurs voix", explique Wang Bing dans une interview diffusée sur le site du festival. Le réalisateur, qui a déjà fait partie du jury à Locarno, compte parmi les documentaristes chinois les plus importants.

Peu de critiques le voyaient pourtant remporter le Léopard d'or. "Lucky" de l'Américain John Carroll Lynch et "9 Doigts" du Français F. J. Ossang faisaient figure de favoris, le dernier ayant finalement obtenu le prix de la meilleure mise en scène. La surprise a donc été totale samedi après-midi lorsque le président du jury, le réalisateur français Olivier Assayas, a dévoilé le grand gagnant.

Comme il est d'usage à Locarno, M. Assayas n'a pas commenté la décision du jury. Il a seulement indiqué que les membres qui le composent s'étaient mis d'accord "sans difficulté".

Suisses très discrets

Côté comédiens, la Française Isabelle Huppert a décroché le prix de la meilleure actrice pour son interprétation d'une institutrice hurluberlue dans "Madame Hyde". Au masculin, le Danois Elliott Crosset Hove a obtenu la même récompense pour son rôle d'ouvrier inquiétant dans "Vinterbrødre" (Winter Brothers). Beaucoup s'attendaient plutôt à voir Harry Dean Stanton, un Américain de 91 ans, couronné avec "Lucky".

Les Suisses repartent quasiment les mains vides de cette 70e édition très compétitive, qui a mis surtout en avant des oeuvres narratives et plutôt faciles d'accès. "Goliath", de Dominik Locher, n'a pas reçu de prix. Cyril Schäublin a sauvé l'honneur avec une mention spéciale du jury pour son premier film "Dene wos guet geit", dans la compétition réservée à la relève "Cineasti del presente".

Prix du public

Sur la Piazza Grande, le public et les critiques ont moins apprécié le programme de films hors compétition que lors des années précédentes. La météo n'a pas non plus été favorable à ces séances en plein air durant la deuxième partie du festival. Après cinq jours de canicule, la pluie et l'orage ont poussé les visiteurs dans les salles de cinéma.

Le Léopard d'or et les prix des autres catégories ont été remis samedi soir sur la Piazza Grande. Le directeur artistique Carlo Chatrian a également annoncé le prix du public. Le film américain "The Big Sick", de Michael Showalter, a devancé notamment le drame "The Song of Scorpions", co-produit en Suisse, et le thriller d'agents hollywoodiens "Atomic Blonde", avec Charlize Theron.

Le film récompensé par le public est inspiré de faits réels. Il raconte l'histoire d'un comique né au Pakistan et d'une étudiante américaine qui tombent amoureux. Quand cette dernière se voit touchée par une mystérieuse maladie, son petit ami devra surmonter la crise avec la famille de la jeune femme.

Gotthard à l'honneur

Après la remise des trophées, le festival a clôturé sur une touche locale avec, sur la Piazza Grande, la première du documentaire "Gotthard - One Life, One Soul" du réalisateur tessinois Kevin Merz. Le film retrace l'épopée de 25 ans du groupe de rock tessinois Gotthard, de ses débuts avec son premier chanteur Steve Lee, décédé en 2010, aux concerts actuels menés par son leader Nic Maeder.

ATS