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Le leader étudiant Joshua Wong reconnu coupable à Hong Kong

Joshua Wong (g.) avec ses collègues Nathan Law et Alex Chow devant le tribunal jeudi, avant le verdict.

KEYSTONE/EPA/ALEX HOFFORD

(sda-ats)

Joshua Wong, leader étudiant devenu le visage du mouvement prodémocratie de 2014 à Hong Kong, a été reconnu coupable jeudi pour son rôle dans une manifestation. Il encourt jusqu'à deux ans de prison dans cette affaire qu'il dénonce comme de la persécution politique.

Joshua Wong, aujourd'hui âgé de 19 ans, a été reconnu coupable d'avoir participé le 26 septembre 2014 à un rassemblement illégal. Avec d'autres étudiants, il avait escaladé des barrières métalliques et était entré à Civic Square, une place située dans un complexe gouvernemental.

Cette action avait déclenché des manifestations plus importantes. Deux jours plus tard débutait le mouvement prodémocratie de masse, bientôt connu sous le nom de "révolte des parapluies", lorsque la police avait tiré du gaz lacrymogène dans la foule.

En prononçant son jugement, le tribunal a déclaré que Joshua Wong savait en escaladant les barrières qu'il pouvait "perturber l'ordre public". La défense a fait valoir que les autorités n'auraient pas dû ériger ces barrières à cet endroit de rassemblement traditionnel pour les manifestations.

Sentence le 15 août

Alex Chow et Nathan Law, autres figures de proue du mouvement, ont également été condamnés, le premier pour avoir participé à cette manifestation, le second pour avoir incité ses camarades à le faire. "Quelle que soit la peine, nous allons continuer le combat contre la répression du gouvernement", a réagi Joshua Wong à l'énoncé de la sentence.

"Nous savons que faire face au plus grand régime communiste du monde est une bataille à long terme pour la démocratie", a-t-il ajouté. Les trois leaders étudiants ont été libérés sous caution. Ils devront comparaître à nouveau le 15 août pour connaître leur sentence.

En juin, Joshua Wong avait été relaxé pour des faits en rapport avec une manifestation anti-Pékin. Il a toujours soutenu qu'il était victime de persécution politique. Amnesty International est allée dans son sens en estimant que les "vagues charges" portées contre les leaders étudiants "sentent la vengeance politique".

"Les poursuites lancées par les autorités hongkongaise contre trois étudiants prodémocratie envoient un message qui fait froid dans le dos pour la liberté d'expression et de manifester pacifiquement", a déclaré Amnesty dans un communiqué.

Le tribunal de l'ancienne colonie britannique a rendu son jugement au moment où de plus en plus d'habitants ont l'impression que Pékin y durcit sa mainmise. Hong Kong a été rétrocédée à la Chine en 1997.

Autodétermination ou indépendance

Hong Kong avait connu à l'automne 2014 sa plus grave crise politique depuis la rétrocession. Des dizaines de milliers de manifestants avaient paralysé des quartiers entiers pendant plus de deux mois afin de réclamer un véritable suffrage universel pour la désignation du chef de l'exécutif en 2017.

En dépit de l'écho international suscité par ce mouvement, la Chine ne leur a pas cédé un pouce de terrain. Face à cet échec, la colère et la frustration a gagné du terrain parmi les jeunes militants qui veulent des réformes politiques.

Depuis, Wong et Law ont créé un nouveau parti, appelé Demosisto, qui réclame l'autodétermination de la région semi-autonome. D'autres militants vont jusqu'à réclamer l'indépendance.

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