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Les discussions entre la CDU d'Angela Merkel et la CSU d'Horst Seehofer (au centre sur le cliché) ont duré près de dix heures, sans résultat.

KEYSTONE/EPA/LUKAS BARTH

(sda-ats)

Le ministre allemand de l'intérieur Horst Seehofer, en conflit avec Angela Merkel sur la politique migratoire, a annoncé dimanche son intention de démissionner, avant de suspendre sa décision. Les discussions entre la CSU et la chancelière doivent reprendre lundi.

Le parti bavarois CSU, membre de la fragile coalition gouvernementale allemande et sa composante la plus à droite, a jugé insuffisantes les propositions de la chancelière pour réduire le nombre des demandeurs d'asile. Face à l'impasse des discussions avec la CDU de Mme Merkel, qui ont duré une dizaine d'heures à Munich, le président de cette formation et ministre allemand de l'intérieur, Horst Seehofer, a offert de démissionner.

Plusieurs de ses proches l'ont toutefois convaincu de ne pas mettre immédiatement son projet à exécution, selon des participants. Horst Seehofer, 68 ans, compte rencontrer dans le courant de la journée de lundi la chancelière pour une tentative "de la dernière chance" de forger un compromis.

Coalition gouvernementale en danger

Le conflit porte sur le traitement des migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans d'autres pays de l'UE. Le ministre veut les refouler à la frontière, ce que refuse Angela Merkel pour ne pas créer "d'effet domino" en Europe.

Devant les cadres de son mouvement M. Seehofer a évoqué trois scénarios. Il a indiqué qu'il pouvait soit céder à la chancelière et rentrer dans le rang, soit passer outre les objections d'Angela Merkel et imposer de son propre chef les refoulements aux frontières - ce qui entraînerait son limogeage et l'éclatement du gouvernement de coalition - ou enfin démissionner.

Et il a ajouté, selon des participants, que son choix s'était porté sur cette dernière option. S'il devait confirmer lundi son départ, les conséquences pour l'avenir du gouvernement allemand seraient potentiellement graves.

La question serait alors de savoir si le parti du ministre quitte lui aussi ou non la coalition. Dans pareil cas, la chancelière se verrait privée de majorité à la chambre des députés, avec sans doute à la clé des élections anticipées.

Fermeté de Merkel

Le parti bavarois pourrait aussi se contenter de remplacer M. Seehofer, dont les relations avec Angela Merkel étaient devenues exécrables, par une personnalité plus à même de négocier un compromis migratoire avec la chancelière.

Il ne sera pas aisé toutefois lundi de trouver un terrain d'entente entre les deux formations longtemps alliées mais aujourd'hui largement ennemies. Angela Merkel reste en effet inflexible. Elle a obtenu dimanche soir à Berlin le soutien quasi unanime des instances dirigeantes de son parti CDU.

Ces dernières ont validé une motion refusant toute décision "unilatérale" nationale pour refouler les migrants, comme celle que souhaite M. Seehofer.

Ce dernier conflit au sein du camp conservateur allemand sur les migrants a éclaté vers la mi-juin lorsque la chancelière a bloqué le projet de son ministre sur les refoulements de migrants. Mais il est en réalité quasi permanent depuis la décision controversée prise en 2015 par Angela Merkel d'ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de candidats à l'asile.

Politique centriste reprochée

Le parti bavarois CSU n'a cessé depuis trois ans de dénoncer ce choix et de peser pour obtenir davantage de fermeté en matière d'asile. Son offensive paraît surtout viser au-delà Angela Merkel elle-même, à qui l'aile la plus à droite du camp conservateur reproche de mener une politique trop centriste.

La CSU est en outre aiguillonnée par la perspective d'élections régionales en octobre en Bavière, cruciales pour elle, où le parti risque de perdre sa majorité absolue face à la poussée de l'extrême droite AfD.

Le ministre de l'intérieur avait fixé un ultimatum au début juillet à Angela Merkel, menaçant d'imposer ses refoulements aux frontières faute de mesures "équivalentes" au niveau européen. La chancelière pensait pouvoir amadouer ce parti rebelle grâce aux mesures prises lors du dernier sommet européen pour réduire les flux migratoires. Mais Horst Seehofer les a qualifiées dimanche d'"insuffisantes".

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ATS