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L'audition de l'Attorney General (ministre de la Justice) américain Jeff Sessions se déroulait devant les sénateurs de la commission du Renseignement au Congrès à Washington.

Keystone/EPA/SHAWN THEW

(sda-ats)

Auditionné devant le Sénat, le ministre américain de la justice a qualifié mardi de mensonge détestable toute allégation sur son éventuelle collusion avec la Russie lors de la campagne présidentielle. Ses souvenirs ont semblé en décalage avec ceux de l'ex-chef du FBI.

Eminence grise et très proche fidèle du président des Etats-Unis Donald Trump, Jeff Sessions s'est récusé dans l'enquête sur la Russie qui empoisonne la présidence. Mais certains le soupçonnent d'avoir continué en coulisses à tirer des ficelles, notamment en recommandant le renvoi en mai de l'ex-chef du FBI, James Comey.

Ce dernier a fortement irrité la Maison-Blanche avec son enquête sur l'ingérence de Moscou dans l'élection de 2016, afin de favoriser le candidat républicain.

"Je n'ai jamais rencontré ou eu de conversations avec un quelconque représentant russe ou étranger concernant une quelconque ingérence dans une campagne ou une élection aux Etats-Unis", a déclaré M. Sessions lors d'une audition publique devant les sénateurs de la commission du renseignement. "Mieux, je n'ai eu connaissance d'aucune conversation de ce type par quiconque appartenant à la campagne de M. Trump", a-t-il poursuivi.

"Suggérer que j'ai participé à une collusion ou que j'ai été informé d'une collusion avec le gouvernement russe afin de nuire à ce pays que je sers avec honneur depuis 35 ans ou afin d'affaiblir l'intégrité de notre processus démocratique est un mensonge épouvantable et détestable", a-t-il poursuivi.

Les mystères au Mayflower Hotel

Une des questions était de savoir combien de fois M. Sessions a rencontré l'an passé l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, Sergueï Kisliak. Il s'était vu reprocher de n'avoir pas dit, lors de son audition de confirmation au Sénat en janvier, qu'il avait rencontré pendant la campagne présidentielle le diplomate. Le ministre avait ensuite dû admettre deux rencontres.

Ce mardi, M. Sessions s'en est tenu à ce chiffre, mais sans écarter formellement la possibilité d'une troisième rencontre dont il ne se souviendrait pas. "Je l'ai peut-être croisé dans une réception", a-t-il dit au sujet d'une réunion politique organisée en avril 2016 au Mayflower Hotel de Washington, où les deux hommes étaient présents.

L'Attorney General a déclaré n'avoir aucun souvenir d'une conversation avec l'ambassadeur russe. Il a expliqué avoir rédigé une note recommandant la destitution de James Comey après en avoir reçu la demande de la part du président Donald Trump.

Abandon de l'enquête

Un deuxième point sur lequel était très attendu Jeff Sessions concernait une réunion le 14 février à la Maison-Blanche, à l'issue de laquelle M. Trump aurait demandé à James Comey d'abandonner l'enquête sur l'ancien conseiller Michael Flynn.

Selon la version de l'ex-grand chef policier, Donald Trump avait fait sortir tous ses conseillers du bureau ovale, y compris le ministre de la justice, avant de formuler sa requête.

Après cet épisode, M. Comey dit être allé voir Jeff Sessions pour lui demander de s'interposer à l'avenir entre lui et le président, afin d'empêcher toute interférence politique dans les investigations. Jeff Sessions n'a pas répondu, selon son récit.

Interrogé sur cette réunion, Jeff Sessions a livré une version des faits semblant minimiser l'incongruité de la rencontre en tête-à-tête. "Je me souviens avoir été un des derniers à sortir" de la pièce, a relaté le ministre de la justice. MM. Trump et Comey étaient selon lui occupés à discuter. "Cela ne m'a pas paru être un problème", a dit le ministre.

Sessions ne dit pas tout

M. Comey "a soulevé le problème le lendemain", a-t-il poursuivi, et a exprimé sa "préoccupation". "J'avais confiance dans le fait qu'il se cantonnerait aux règles des communications avec la Maison-Blanche", a-t-il précisé.

Durant l'audition, le ministre de la justice s'est réfugié à plusieurs reprises dans une prérogative liée à sa fonction, lui permettant de ne pas révéler certains détails de ses discussions avec Donald Trump. Cette attitude a crispé certains sénateurs, qui ont reposé plusieurs fois les mêmes questions.

Cette déposition de l'Attorney General intervient dans un contexte de rumeurs entourant le possible limogeage du procureur spécial Robert Mueller, désigné mi-mai par le département de la justice pour poursuivre de manière indépendante l'enquête conduite par le FBI. Jeff Sessions a toutefois affirmé qu'il ne prendrait aucune initiative visant à remplacer le procureur Mueller.

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ATS