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Le ministre de la Défense israélien annonce sa démission

Avigdor Lieberman a annoncé le retrait du petit parti qu'il dirige, Israël Beiteinou, de la coalition gouvernementale.

KEYSTONE/EPA/SERGEI ILNITSKY

(sda-ats)

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a annoncé sa démission mercredi. Il place le gouvernement de Benjamin Netanyahu dans la tourmente au lendemain d'un accord de cessez-le-feu avec les groupes palestiniens dans la bande de Gaza.

Le ministre ultranationaliste a dénoncé devant la presse le cessez-le-feu comme une "capitulation devant le terrorisme" et a appelé à des législatives avant l'échéance fixée à novembre 2019, jetant l'incertitude sur l'avenir du gouvernement en place depuis 2015, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël.

Il a annoncé le retrait du petit parti qu'il dirige, Israël Beiteinou, de la coalition gouvernementale, laissant théoriquement le Premier ministre avec une majorité minimale d'un seul siège.

Un responsable du Likoud, le parti de droite du Premier ministre, a indiqué que M. Netanyahu reprendrait le portefeuille de la Défense et jugé que des élections anticipées n'étaient pas nécessaires.

Ligne "fausse"

"La ligne que nous avons suivie au cours des derniers mois est complètement fausse", a de son côté asséné M. Lieberman, d'une voix posée. Avec le cessez-le-feu en particulier, "nous avons apporté une réponse insuffisante, inadéquate et inacceptable au tir de 500 roquettes" contre Israël, a-t-il dit.

"L'Etat achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme pour la sécurité nationale", a poursuivi Avigdor Lieberman.

Il a aussi critiqué la décision du gouvernement de permettre le transfert de dollars qataris dans la bande de Gaza principalement pour payer les salaires des fonctionnaires du mouvement islamiste palestinien Hamas. "Nous devons nous entendre sur une date pour des élections le plus tôt possible", a argué M. Lieberman.

Avant l'annonce de cette démission, M. Netanyahu avait défendu ses choix: "Nos ennemis nous ont suppliés d'accepter ce cessez-le-feu et ils savent très bien pourquoi ils l'ont fait", avait-il dit.

"Victoire" pour le Hamas

Le Hamas, pour sa part, a décrit la démission comme une "victoire pour Gaza, qui a réussi, par sa résistance, à ébranler la scène politique" israélienne.

Le mouvement islamiste Hamas, qui dirige sans partage la bande de Gaza, et les autres groupes palestiniens ont indiqué qu'ils respecteraient le cessez-le-feu "aussi longtemps que l'ennemi sioniste le respectera".

Le mouvement et ses alliés se sont dans le même temps employés à véhiculer un message de succès. Après l'annonce du cessez-le-feu, des milliers de Gazaouis ont participé à des manifestations de joie pour proclamer la "victoire sur Israël".

Un contraste frappant avec la situation de l'autre côté de la frontière. Nombre d'Israéliens de la "périphérie" soumise aux tirs de roquettes ont en effet exprimé dans la rue et sur les réseaux sociaux leur ressentiment contre un gouvernement qui devrait, à leurs yeux, frapper plus fort les groupes palestiniens.

Rapide escalade

Mercredi matin, les écoliers du sud d'Israël et de la bande de Gaza ont pour leur part repris la classe, trois jours après le début d'une escalade qui a vu les groupes armés palestiniens tirer des centaines de roquettes et d'obus de mortier sur Israël et l'armée israélienne bombarder des dizaines de positions dans l'enclave.

Quatorze Palestiniens ont été tués par les tirs et frappes israéliens. Les hostilités ont causé la mort d'un officier israélien et d'un autre Palestinien travaillant en Israël, tué par une roquette.

Plus qu'à aucun autre moment depuis 2014, elles ont rapproché les protagonistes d'une quatrième guerre en une décennie dans le territoire sous blocus coincé entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée, avant l'annonce mardi après-midi d'un cessez-le-feu sur intercession égyptienne.

Cessez-le feu

Malgré des mois de tensions persistantes le long de la frontière avec Gaza, le Premier ministre israélien a fait le choix du cessez-le-feu plutôt que de l'escalade, faute d'options, s'accordent les commentateurs.

M. Netanyahu préfèrerait contenir le Hamas plutôt que de tenter de l'éliminer, inquiet soit du vide que laisserait le mouvement islamiste, soit de l'impossibilité pour Israël d'assumer la sécurité d'un territoire d'où il s'est retiré en 2005.

Lors d'une réunion du cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles autour du Premier ministre, les responsables de l'armée et de tous les services de sécurité ont plaidé mardi pour le cessez-le-feu, a rapporté la presse, et M. Netanyahu les a suivis, sans soumettre la question à un vote.

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