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Jeff Sessions, 70 ans, incarne l'opposition à l'immigration au Sénat, où il siège depuis 1997.

KEYSTONE/EPA/JIM LO SCALZO

(sda-ats)

L'homme choisi par Donald Trump pour diriger le ministère de la Justice s'est engagé mardi à protéger les droits des minorités et notamment des Noirs. Le sénateur conservateur de l'Alabama Jeff Sessions est accusé d'avoir tenu par le passé des propos racistes.

"Je comprends profondément l'histoire des droits civiques et l'impact terrible que la discrimination incessante et systémique, ainsi que les restrictions sur le droit de vote, ont eu sur nos frères et soeurs afro-américains", a déclaré Jeff Sessions. Il s'est exprimé ainsi au début de sa très médiatisée audition de confirmation au Sénat.

Le début de cette audition a été perturbé par des manifestants du groupe Code Pink, et notamment par un homme déguisé en militant de l'organisation raciste Ku Klux Klan, portant une cagoule et une tunique blanches. Alors que la police l'expulsait, l'homme a crié: "Vous ne pouvez pas m'arrêter, je suis blanc! Quoi, il faut que j'attende l'investiture?"

Incarnation de l'anti-immigration

Jeff Sessions, 70 ans, incarne l'opposition à l'immigration au Sénat, où il siège depuis 1997. Il est le premier sénateur à avoir soutenu Donald Trump pendant la campagne des primaires, et a épousé sans équivoque son projet de construction d'un mur à la frontière mexicaine et d'expulsion de millions de sans-papiers.

Mais sa nomination a aussi créé des remous en raison de propos tenus dans les années 1980 alors qu'il était procureur fédéral dans le très conservateur Alabama, ancien coeur de la ségrégation raciale.

En 1986, il avait reproché à un avocat blanc de faire "honte à sa race" en défendant des clients noirs. Et il se serait aussi adressé à un procureur noir en l'appelant "boy", un terme à très forte connotation raciste aux Etats-Unis. Ces paroles l'avaient empêché d'être confirmé à un poste de juge fédéral.

La gauche cherchera donc des garanties de la part du sénateur sur le front des droits civiques et des violences policières contre la communauté noire. Mais il pourrait aussi être interrogé sur son impartialité face à d'éventuelles enquêtes pour conflits d'intérêts de la famille Trump.

Ton martial contre la délinquance

Dans sa déclaration liminaire, le sénateur a pris soin de répondre à certaines de ces inquiétudes, allant jusqu'à dire qu'il comprenait "les appels à la justice et à l'égalité de la communauté LGBT".

"Une priorité spéciale sera de faire appliquer fermement nos lois pour assurer l'accès total de chaque électeur américain aux urnes, sans obstacle ni discrimination", a-t-il déclaré. Localement dans l'ancien Sud ségrégationniste, des républicains ont restreint l'accès au vote ces dernières années, par exemple en fermant des bureaux ou en rendant obligatoire la présentation d'une pièce d'identité.

Pour le reste, le futur ministre a adopté un ton martial contre la délinquance, notamment les criminels faisant usage d'une arme à feu.

Quant à Donald Trump, Jeff Sessions a donné des gages d'indépendance: le ministre de la Justice, a-t-il dit, "doit être capable de dire non au président s'il va trop loin. Il ne peut approuver les yeux fermés chaque idée du président".

ATS

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