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Sous pression, le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, n'a pas l'intention de quitter son poste (archives).

KEYSTONE/AP/ALEX BRANDON

(sda-ats)

Le ministre américain de la Justice semblait assis sur un siège éjectable après une nouvelle attaque du président. Donald Trump lui reproche de ne pas le protéger de l'affaire russe qui empoisonne son début de mandat.

Un nouveau tweet cinglant est venu s'ajouter tôt mardi matin à une série d'attaques en règle du président contre Jeff Sessions. Le ministre de la Justice avait pourtant été l'un de ses premiers et plus précieux alliés dans son improbable victoire électorale.

"Le ministre de la justice Jeff Sessions a adopté une posture très faible sur les crimes de Hillary (où sont les courriels et les serveurs du DNC (la direction nationale du parti démocrate, ndlr) et ceux qui font fuiter des informations confidentielles!", a écrit le président sur Twitter tôt mardi matin.

Dès le 19 juillet, le président avait lancé l'assaut contre M. Sessions. Il lui avait retiré sa confiance dans une interview au New York Times au ton tout à fait extraordinaire à l'encontre de l'un des piliers de son administration.

Récusation en cause

Donald Trump reproche à M. Sessions de s'être récusé dans l'enquête menée d'abord par le FBI - et désormais par un procureur spécial - sur l'ingérence du Kremlin dans l'élection présidentielle et sur d'éventuelles complicités au sein de l'équipe de campagne de M. Trump. Le ministre de la Justice avait omis de rapporter une rencontre avec l'ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak, plus tard révélée par la presse.

Le président dément avec véhémence toute collusion avec Moscou. Mais en se mettant volontairement à l'écart, M. Sessions est devenu impuissant aux yeux du président à le protéger si le besoin devait s'en faire sentir.

L'ancien sénateur s'est en particulier mis dans l'impossibilité de limoger le procureur spécial nommé dans l'affaire russe si le président le lui demandait. Donald Trump a déjà renvoyé le directeur du FBI, James Comey, à cause de son rôle dans le dossier russe.

Session choisi de rester

Alors que le tout Washington avait conclu que le ministre n'avait d'autre choix que de démissionner face à une attaque en règle, M. Sessions a au contraire choisi de rester à son poste. "Je prévois de continuer à le faire pour aussi longtemps que ce sera approprié", avait lancé le ministre devant la presse le 20 juillet.

Cette position semblait pourtant difficile à tenir mardi même si l'arrivée de M. Trump à la Maison Blanche semble avoir bousculé tous les codes de la pratique politique. Les interventions répétées et publiques du président dans cette affaire ont aussi mis à mal la question de l'indépendance du ministère. Les prédécesseurs de M. Trump depuis Richard Nixon se sont montrés soucieux de la préserver, ne serait-ce qu'en apparence.

ATS