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Le monde musulman indigné par l'attentat de Médine

La Mosquée du prophète de Médine, deuxième ville sainte de l'islam après La Mecque, un site très fréquenté par les fidèles en ces derniers jours du mois de jeûne musulman.

Keystone/EPA/NABIL MOUNZER

(sda-ats)

Les autorités musulmanes ont condamné avec force l'attentat suicide sans précédent perpétré lundi soir près de la Mosquée du Prophète dans la ville saoudienne sainte de Médine, un lieu où toute violence est prohibée. L'attaque a coûté la vie à quatre gardes.

Il a été l'un des trois ayant frappé l'Arabie saoudite lundi, à la veille de la fin du ramadan. Ils n'ont pas été encore revendiqués, mais leur mode opératoire rappelle celui du groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui a mené plusieurs attentats suicide meurtriers en Arabie saoudite depuis plus d'un an.

L'attaque de Médine, deuxième ville sainte de l'islam après La Mecque, s'est produite en début de soirée devant la Mosquée du prophète. C'est un site très fréquenté par les fidèles en ces derniers jours du mois de jeûne musulman.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que les forces de sécurité avaient repéré un suspect dans un parking qui se dirigeait vers la Grande mosquée. "Alors que des agents de sécurité tentaient de l'intercepter, il a fait actionner sa ceinture d'explosifs, tuant quatre d'entre eux et blessant cinq autres", a précisé le ministère.

Jusqu'en Iran

Cette attaque a provoqué l'indignation générale des responsables sunnites comme chiites, jusqu'en Iran. Téhéran a appelé à "l'unité internationale et régionale contre ce phénomène", selon Bahram Ghassemi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Pour Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, "il n'y a plus de ligne rouge pour les terroristes. Les sunnites et les chiites seront victimes à moins que nous soyons unis".

Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, basée au Caire, a condamné cet acte avec force et rappelé la "sacralité des lieux saints, particulièrement la mosquée du prophète".

Mardi soir, le roi Salmane a appelé les musulmans à "l'unité" et à protéger les jeunes "des dangers qui les guettent, notamment l'extrémisme", en référence aux groupes djihadistes.

Le Maroc, la Tunisie, l'Algérie, l'Afghanistan, le Pakistan, le Nigeria, entre autres, ont condamné avec fermeté ces attentats.

A Karachi, la plus grande ville pakistanaise, des dizaines de personnes ont manifesté en accusant les responsables de l'attaque de Médine de "blasphème".

Sans foi

Mahomet a passé les dix dernières années de sa vie à Médine où il est mort en 632 et où il est enterré dans cette mosquée située à l'est de la ville.

Le comité des oulémas saoudiens, la plus haute autorité religieuse du royaume, a qualifié les responsables de l'attentat de "renégats (...) qui ont violé tout ce qui est sacré". De son côté, le président de Majlis al-Choura (Conseil consultatif), Abdallah al-Cheikh, a souligné que "ce crime répugnant ne peut venir d'une personne ayant la moindre foi".

Appel à la coopération

En Irak, théâtre d'une vague de violences sur fond de tensions confessionnelles, le ministère des Affaires étrangères a estimé que ces attentats "témoignent de l'idéologie déviante que portent les bandes takfiries (extrémistes sunnites, ndlr) comme Daech" (acronyme arabe de l'EI).

"Le terrorisme ne fait pas de distinction entre les religions, les peuples et les valeurs sacrées", a pour sa part dénoncé le premier ministre turc Binali Yildirim, dont le pays a également subi une série d'attaques ces dernières semaines. Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a condamné "un acte lâche" et appelé à "l'intensification de la coopération contre le terrorisme".

Réaction de Ban Ki-moon

"Ces crimes sont d'autant plus méprisables qu'ils ont été perpétrés au moment où les habitants se préparaient à fêter l'Aïd el-Fitr", a souligné le patron de l'ONU Ban Ki-moon.

A Genève, le porte-parole du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, Rupert Colville, a indiqué que l'attentat constituait "une attaque directe contre tous les musulmans (...) et contre la religion elle-même".

Aux Etats-Unis, un porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Ned Price, a indiqué que "l'intention des terroristes était claire: semer la division et la peur" et a réaffirmé l'engagement de Washington "pour la sécurité de l'Arabie saoudite".

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