Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Déjà un lustre sans Claude Nobs au Festival de Montreux (archives).

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

Le Montreux Jazz Festival s'ouvre vendredi, avec une brassée de têtes d'affiche et de découvertes. Pour son directeur Mathieu Jaton, ce sera sa cinquième édition sans Claude Nobs. Retour sur cette transition.

"La disparition de Claude, humainement, c'était très abrupt, car son départ n'était pas attendu. Mais opérationnellement, c'était assez doux. J'étais secrétaire général depuis 12 ans. Claude avait lâché l'opérationnel pour voyager, rencontrer des artistes et monter des projets spéciaux", confie Mathieu Jaton.

La 50e édition, l'an dernier, était un moment important pour honorer la mémoire de son fondateur. Mais le festival se doit d'être tourné vers l'avenir. Dans un monde de la musique où tout va très vite, l'équipe a dû activer son réseau et développer de nouveaux liens.

Carnet d'adresses

Le Montreux Jazz risquait gros. Après la disparition de Claude Nobs, le porte-drapeau, les artistes de son carnet d'adresses auraient pu tourner le dos au festival. Il n'en a rien été, selon Mathieu Jaton: "le plus extraordinaire, c'est que ses amis ont redoublé d'investissement vis-à-vis du festival, comme Quincy Jones".

Mathieu Jaton a continué dans la voie ouverte par son mentor: "J'ai construit de nouveaux contacts avec Woodkid, Paolo Nutini, Jamie Collum ou encore Sam Smith. Ils sont devenus des amis, comme les amitiés que Claude avait dans le passé avec d'autres artistes".

La musique, un business

Le Montreux Jazz occupe une place un peu à part sur la carte des festivals. Il joue la carte de la musique, pas du divertissement. "Nous sommes le vinyl des festivals, par opposition à spotify", glisse Mathieu Jaton.

Le business de la musique live s'est profondément modifié. Depuis 10 à 15 ans, les cachets sont en hausse permanente pour compenser l'effondrement des ventes de disques.

Pour se démarquer, certains artistes se lancent dans des shows gigantesques. C'est plus compliqué, donc plus cher. "Des giga-festivals ont vu le jour avec 100'000 à 150'000 festivaliers par jour, comme Coachella. On y va pour un vrai moment d'entertainment, avec des feux d'artifice", a dit M. Jaton.

Pas regarder le train

Le Montreux Jazz ne se contente pas de regarder passer le train et mise sur ce qui a toujours fait sa force: la qualité d'accueil, la proximité et l'intimité. Plus son positionnement particulier dans une petite ville, dans un décor idyllique entre lac et montagnes.

"On a plein d'atouts. Si Lauryn Hill vient cette année, c'est parce que c'est Montreux. Elle n'est pas en tournée. Elle vient parce qu'on lui a proposé un truc cool", a expliqué Mathieu Jaton.

"La différence se fait sur l'humain, on a un statut un peu différent", a-t-il ajouté. Ce qui a permis d'attirer des artistes - Tom Jones cette année, Lady Gaga ou Sting par le passé - qui tournent avec Live Nation, société américaine qui gère l'entier des activités des artistes et achète festivals et salles de concerts.

Pas de surenchère

Montreux ne rêve pas de surenchère. Il vaut mieux parfois "laisser passer" certains concerts, concède Mathieu Jaton. Il explique que le prix moyen du billet est stable depuis trois ou quatre ans. "Je ne pense pas aller plus haut", a-t-il dit. Cette année, le budget global se situe entre 28 et 28,5 millions de francs.

A Montreux, les billets couvrent en gros les frais artistiques, soit le cachet, l'hôtel, le transport et la production. Les boissons financent les coûts d'infrastructure et le sponsoring, les frais fixes. Pour l'heure, une dizaine de concerts affichent complet. D'autres pourraient suivre prochainement.

ATS