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Le National revoit à la baisse la révision de la loi sur les armes

Simonetta Sommaruga avait obtenu plusieurs concessions de Bruxelles concernant la reprise de la directive européenne sur les armes. Les milieux du tir annoncent d'ores et déjà un référendum. Le National a revu le projet à la baisse.

KEYSTONE/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

La Suisse ne doit pas mettre en danger sa participation à Schengen en refusant de revoir sa législation sur les armes. Le National a pris toutefois mercredi plusieurs libertés avec la reprise de la directive de l'UE menacée de référendum. Le dossier passe aux Etats.

Bruxelles va durcir sa réglementation en réponse à la menace terroriste. Comme il s'agit d'un développement de l'acquis de Schengen, la Suisse doit suivre d'ici fin mai 2019, sous peine de voir l'accord dénoncé. Une telle option n'est pas envisageable pour la gauche et le centre-droit.

La participation à l'espace Schengen est très importante pour la sécurité et le contrôle des flux migratoires, mais aussi pour l'économie et le tourisme. Et la coopération au titre de Dublin est capitale pour la politique d'asile.

Berne n'en a pas moins obtenu plusieurs concessions de Bruxelles. Les chasseurs ne sont pas concernés. Pour les armes de service, pas de changement: elles pourront continuer à être conservées à la maison après le service militaire. Aucun test psychologique ne sera exigé. Un registre central des armes ne devra pas être créé.

Bronca

Cela n'a de loin pas calmé les milieux du tir, qui brandissent haut la menace du référendum. L'UDC s'est faite le porte-voix de l'opposition à la loi. La directive européenne ne servirait à rien pour lutter contre le terrorisme. Elle serait le premier pas vers un désarmement de la Suisse et une atteinte aux traditions helvétiques du tir.

La droite dure n'a pas réussi à avoir la peau de la révision de la loi sur les armes. Elle s'est toutefois alliée sur certains points au centre-droit pour réduire la voilure. La gauche qui plaidait au contraire un renforcement des mesures est quant à elle repartie les mains vides.

Tireurs sportifs

Le concept prévoit d'interdire les armes à feu semi-automatiques à épauler équipées d'un chargeur d'au moins 20 coups. Pour les armes de poing, l'interdiction vaudra dès dix cartouches. Une dérogation sera possible afin qu'elles puissent servir au tir sportif.

Les tireurs sportifs devront obtenir une autorisation en justifiant qu'ils sont membres d'une société de tir ou prouver autrement qu'ils utilisent régulièrement leur arme à feu pour pratiquer le tir sportif. Selon le gouvernement, cinq entraînements sur cinq ans devraient suffire. La présentation de ces démonstrations devra être apportée après cinq et dix ans.

Par 130 voix contre 61, le National s'est montré plus souple concernant cette autorisation exceptionnelle. Si les conditions requises sont remplies, celle-ci sera accordée. Le Conseil fédéral se contentait d'une formule potestative.

La réglementation bannit en outre les armes à feu à épauler semi-automatiques téléscopiques pouvant être raccourcies à moins de 60 cm. Les collectionneurs et les musées pourront acquérir des armes s'ils prennent les mesures nécessaires afin d'en assurer la conservation et dressent la liste des armes requérant une autorisation exceptionnelle.

Délais

Les actuels détenteurs auront trois ans pour faire confirmer la possession légitime d'une arme. Cette confirmation n'est requise que lorsque l'arme n'est pas encore enregistrée ou qu'elle n'a pas été reprise directement des stocks de l'armée à la fin des obligations militaires.

La solution du Conseil fédéral prévoit également des mesures qui amélioreront l'identification et la traçabilité, et qui renforceront l'échange d’informations. Les armuriers auront 20 jours, et non plus 30, pour signaler les transactions aux cantons.

Enfoncer le clou

Par 129 voix contre 62, les députés ont enfoncé le clou concernant les ex-soldats, afin qu'ils n'aient pas à demander une autorisation s'ils doivent échanger leur fusil. Les armes d'ordonnance remises à la fin du service ne seront pas classées parmi les armes prohibées. Elles changeraient en revanche de catégorie si elles sont ensuite transmises par héritage ou vendues.

Cette proposition reprend l'esprit de la dérogation obtenue par la Suisse, mais il faudra encore l'expliquer à Bruxelles, selon la ministre de justice et police Simonetta Sommaruga.

Chargeurs

Par 130 voix contre 63, le Conseil national a décidé de ne pas restreindre l'acquisition et la possession de chargeurs de grande capacité. Selon Simonetta Sommaruga, cette décision rendra difficile la mise en oeuvre de manière logique de la directive européenne.

Par 101 voix contre 91, les députés ont par ailleurs refusé d'obliger les titulaires d'une patente de commerce d'armes à tenir un inventaire comptable des chargeurs de grande capacité. Par 101 voix contre 92, ils ont tenu à ce que, pour les armes à feu assemblées, le marquage d'un élément essentiel suffise.

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