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Le conseiller national valaisan Jean-Luc Addor (à droite) était défendu par Me Marc Bonnant.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

Le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS) a comparu mardi devant le tribunal de Sion. Il doit répondre de discrimination raciale pour des propos tenus en 2014 sur les réseaux sociaux. Le procureur a requis une peine pécuniaire.

"On en redemande!": Ces mots écrits le 22 août 2014 par Jean-Luc Addor sur ses comptes Twitter et Facebook étaient au coeur du procès. Député au Grand Conseil valaisan au moment des faits, il réagissait ainsi à un article en ligne relatant une fusillade ayant fait un mort dans une mosquée de St-Gall.

Selon le procureur général adjoint Jean-Pierre Gretter "tous les éléments constitutifs de la discrimination raciale sont réalisés". Les propos de Jean-Luc Addor visaient la communauté musulmane en raison de sa religion, ils dépassaient très largement le cercle de la vie privée et se sont propagés comme "un feu de brousse", suscitant de nombreux commentaires, a-t-il détaillé.

Le ministère public a requis une peine pécuniaire de 75 jours-amende avec deux ans de sursis. Il laisse le soin au tribunal de fixer le montant en fonction de la situation financière actuelle du prévenu.

L'antiphrase

Me Marc Bonnant a demandé l'acquittement de son client. L'avocat genevois qui plaidait pour la première fois en Valais, s'est attaché à démontrer que les propos de Jean-Luc Addor était "une antiphrase", une ironie qui revient à dire le contraire de ce que l'on pense.

Interrogé par le juge Christian Zuber, Jean-Luc Addor a indiqué qu'ils voulaient en fait dire "Ça suffit! On en a marre de ces étrangers ou Suisses fraîchement naturalisés qui viennent chez nous pour régler leurs comptes".

L'article auquel a réagi Jean-Luc Addor évoquait un règlement de compte entre deux Albanais, a souligné Me Bonnant: "Il n'y a pas l'ombre d'une référence aux Musulmans dans les propos de mon client". Le verdict tombera ultérieurement.

ATS

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