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Le parti Baas au pouvoir en Syrie et ses alliés ont remporté sans surprise la majorité des sièges lors des législatives mercredi dans les territoires contrôlés par le régime. Sur le terrain, la trêve est de plus en plus menacée à Alep où 22 civils ont été tués.

Selon la commission électorale, la grande majorité des 250 sièges du Parlement a été raflée par le parti Baas, au pouvoir depuis un demi-siècle. Les 200 candidats de la liste "Union nationale" à laquelle appartient ce parti l'ont tous emporté dans plusieurs provinces du pays ravagé par la guerre depuis cinq ans, a rapporté dimanche le quotidien Al-Watan proche du pouvoir.

Le taux de participation a été de 57.56% parmi les électeurs en capacité de voter, selon cette commission, citée par l'agence officielle Sana. 5,08 millions des 8,83 millions d'électeurs potentiels se sont déplacés dans les bureaux de vote pour choisir parmi les 3500 candidats.

Dans ce pays, qui comptait quelque 23 millions d'habitants avant le conflit, 13,5 millions de personnes sont affectées ou déplacées par la guerre, selon l'ONU.

Illégitimes

Ces élections avaient été jugées "illégitimes" par les opposants de l'intérieur comme de l'extérieur, et par les pays occidentaux. Mais la Russie, grand allié du régime, les a jugées "conformes à la Constitution syrienne actuelle". L'ONU plaide de son côté pour la tenue d'élections générales courant 2017.

De nombreux experts avaient prédit un résultat semblable à celui du scrutin de mai 2012, auquel plusieurs partis avaient été autorisés, pour la première fois, à participer. Le Baas avait obtenu la majorité des 250 députés élus pour un mandat de quatre ans.

Parmi les candidats vainqueurs figurent notamment des membres de la délégation du régime à Genève où se tient une nouvelle session de pourparlers indirects entre régime et rebelles. Des artistes partisans du régime de Damas ont également remporté des sièges comme le réalisateur Najdat Anzour ou l'acteur Aref al-Tarif.

Trêve de plus en plus fragile

Ces résultats ont été publiés alors que sur le terrain, la trêve entre régime et rebelles est de plus en plus fragile. Au moins 22 civils ont été tués dans des bombardements à Alep, l'un des bilans les plus meurtriers depuis le début de cette trêve fin février.

La province septentrionale d'Alep, morcelée entre armée, insurgés, jihadistes et Kurdes, connaît depuis une semaine une escalade de violence avec des affrontements impliquant quasi tous les belligérants de la guerre ayant fait plus de 270'000 morts depuis 2011. Des milliers de civils ont fui les combats depuis.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins six civils ont été tués et huit blessés dans le bombardement samedi soir par l'aviation syrienne d'un quartier rebelle de l'est d'Alep. Les insurgés ont riposté à coup de roquettes contre des quartiers sous contrôle du régime, faisant 16 morts, dont dix enfants, d'après l'Observatoire.

Escalade

Selon son directeur Rami Abdel Rahmane, "il y a une escalade évidente et il s'agit de l'épisode le plus violent à Alep et sa province" depuis l'accord de cessation des hostilités imposé par Moscou et Washington. "Cette escalade menace directement le cessez-le-feu", selon lui.

Ex-capitale économique de Syrie divisée en deux depuis 2012, "Alep est la clé de la guerre et de la paix en Syrie. Chaque partie impliquée dans la guerre a un intérêt dans Alep", rappelle M. Rahmane.

ATS