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Le patron d'Apple, Tim Cook, doit rattraper le retard accumulé en Inde (archives).

KEYSTONE/APPLE/NOEL DAVID

(sda-ats)

La tournée en Chine et en Inde que vient d'effectuer Tim Cook a donné peu de motifs de satisfaction au directeur général d'Apple. Mais son voyage l'aura au moins informé sur les défis à relever sur ces deux marchés.

Les ventes de téléphones portables ralentissent en Chine, le deuxième plus gros marché du géant de la technologie. Et elles peinent à décoller en Inde, où le positionnement de la firme américaine sur le haut de gamme constitue un handicap.

"Avec la saturation observée en Chine, tout le monde se tourne vers l'Inde, où Apple doit rattraper son retard. Ses concurrents y ont progressé depuis deux ans", explique l'analyste Ville-Petteri Ukonaho, de Strategy Analytics.

Potentiel de croissance

Le potentiel du marché indien est énorme avec une population de 1,3 milliard d'habitants. Au moins un ressortissant sur cinq possède un smartphone.

Mais Apple ne peut pas y faire ce qu'il fait ailleurs, à savoir vendre ses appareils au prix fort aux opérateurs qui les revendent ensuite moins cher en échange d'un forfait. "En Inde, les opérateurs ne vendent pratiquement pas de téléphones", a expliqué récemment Tim Cook à des analystes.

"Ils sont vendus au détail dans beaucoup de petits magasins différents. Les téléphones portables là-bas sont en entrée de gamme, à cause des réseaux et de l'économie. Et le potentiel de ce marché n'a pas été excellent" pour Apple, a-t-il ajouté, comparant le marché indien à ce qu'était la Chine il y a 7 ou 10 ans.

Manque de visibilité

En Inde, Tim Cook a rencontré les dirigeants des deux principaux opérateurs du pays, Bharti Airtel et Vodafone India, pour étudier une coopération plus étroite dans la perspective du déploiement dans le pays de la 4G.

"Le but du voyage était surtout d'étudier le marché indien et aussi de montrer au monde qu'Apple était arrivé en Inde", explique Vishal Tripathi, directeur de recherche chez Gartner. Un des gros problèmes pour Apple en Inde est d'y imposer ses produits, relativement chers, à des consommateurs aux revenus modestes.

"En Inde, les revenus sont si bas que peu de clients apprécient pleinement l'écosystème Apple", fait valoir l'analyste de Strategy Analytics. "Apple aura beaucoup plus de mal à vendre ses Macs et ses iPads dans les magasins indiens qu'en Chine". La plupart des Indiens gagnent l'équivalent de moins de trois euros par jour, selon les chiffres de la Banque mondiale.

Le prix moyen d'un smartphone y est d'environ 80 euros (89 francs). Les appareils haut de gamme comme ceux d'Apple coûtent autour de 300 euros et ne représentent que 6% d'un marché dominé par Samsung Electronics et les marques chinoises.

Selon une enquête réalisée par Morgan Stanley, un Indien sur deux ne connaît pas Apple, qui n'est que la 10e marque la plus connue en Inde. Cette dernière se situe derrière Samsung, Sony ou Blackberry.

Investissement en Chine

En Chine, la firme vient d'investir un milliard de dollars (0,99 milliard de francs au cours actuel) dans une application chinoise de réservation de véhicules avec chauffeur. Une initiative qui, selon Tim Cook, pourrait aider le groupe à mieux comprendre le marché chinois.

Le gouvernement indien aimerait voir Apple investir également dans son pays en y implantant notamment des unités de production de téléphones. "Maintenant, c'est à Apple de présenter ses plans", a dit un collaborateur du Premier ministre Narendra Modi.

ATS