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Le conflit syrien entre dimanche dans sa cinquième année avec un bilan humanitaire dramatique. Toujours aussi brutal, le régime de Bachar al-Assad semble enhardi par l'inertie d'une communauté internationale davantage préoccupée par les atrocités du groupe Etat islamique (EI).

L'image des manifestations pacifiques qui ont débuté le 15 mars 2011 s'est estompée depuis longtemps. Le soulèvement contre le régime s'est militarisé face à la répression, jusqu'à devenir une guerre civile complexe dans laquelle s'affrontent les troupes loyales au régime, une myriade de groupes rebelles, des forces kurdes et deux organisations djihadistes, dont l'Etat islamique (EI).

Des ONG internationales ont condamné cette semaine l'"échec" des gouvernements du monde à trouver une issue à la guerre qui a coûté la vie à plus de 210'000 personnes. Le conflit a aussi poussé la moitié des habitants à fuir leur domicile en quatre ans.

Diplomatie au point mort

La diplomatie est au point mort, après deux séries de négociations entre régime et opposition qui se sont soldées par un fiasco. Deux émissaires internationaux ont jeté l'éponge et un troisième tente en vain de faire appliquer un gel des combats dans la métropole d'Alep.

L'incapacité de la communauté internationale à mettre fin au bain de sang alimente le sentiment d'amertume et d'abandon des Syriens qui traversent selon l'ONU "la plus importante situation d'urgence humanitaire de notre ère". Près de quatre millions de personnes ont fui la Syrie, dont plus d'un million se réfugie au Liban voisin.

Au sein même du pays, plus de sept millions de Syriens sont déplacés et près de 60% de la population vit dans la pauvreté. Les infrastructures ont été décimées, entraînant des pénuries aiguës d'électricité, d'eau et de nourriture, notamment dans les zones assiégées par l'armée.

Terribles exactions

Des ONG de défense de droits de l'Homme ont enquêté sur les terribles exactions du régime: près de 13'000 Syriens sont morts sous la torture dans ses geôles depuis le début du soulèvement. Des dizaines de milliers d'autres croupissent toujours dans les prisons gouvernementales, beaucoup étant portés disparus.

Malgré l'indignation internationale face au nombre de victimes et à l'utilisation présumée de l'arme chimique par le régime mi-2013, le président Bachar al-Assad reste plus que jamais accroché au pouvoir. Ses forces consolident leur contrôle sur la périphérie de Damas et Alep, parmi les derniers bastions de la rébellion.

Priorité EI

Celle-ci est plus éclatée que jamais, affaiblie par la supériorité militaire de l'armée qui la bombarde à coups de barils d'explosifs et s'appuie sur des alliés étrangers comme le Hezbollah libanais. M. Assad a démenti l'utilisation de barils d'explosifs malgré les preuves fournies par des ONG.

Les pays occidentaux qui réclamaient le départ de M. Assad en 2011 sont devenus moins véhéments sur ce point face à la montée de l'EI. Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a d'ailleurs indiqué que la priorité de Washington était de vaincre l'EI.

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ATS