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Urs Rohner espère maintenant que plus d'actionnaires rejettent les recommandations défavorables des sociétés de conseil (archives).

KEYSTONE/DOMINIC STEINMANN

(sda-ats)

Après la décision de la direction générale de baisser ses bonus de 40%, le président de Credit Suisse Urs Rohner envisage la prochaine assemblée générale avec plus de sérénité. Il affirme avoir reçu des retours très positifs des actionnaires.

Plusieurs sociétés de conseils aux actionnaires, dont ISS, Glass Lewis et la fondation genevoise Ethos, avaient recommandé le rejet du rapport sur les rémunérations, ainsi que la compensation du conseil d'administration et les bonus de la direction de Credit Suisse lors de la prochaine assemblée générale du 28 avril. Elles jugeaient les montants trop élevés au regard des deux lourdes pertes subies en 2015 et 2016.

Urs Rohner espère maintenant que plus d'actionnaires ne suivent pas ces recommandations. "D'après les réactions d'investisseurs institutionnels, nous pensons que l'approbation sera plus élevée lors de l'assemblée générale" qu'auparavant, indique-t-il dans une interview publiée dans la NZZ am Sonntag.

Pression des actionnaires

Il n'est cependant pas certain que la réduction des bonus implique un changement des recommandations. Dans une interview publiée dans le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, le directeur d'Ethos Vincent Kaufmann a indiqué qu'ils allaient en "discuter très vite, car les sommes restantes - plus de 15 millions pour les bonus 2016, dont plus de 7 millions pour le directeur général et quelque 31 millions de bonus futurs - restent tout de même très élevées".

Le directeur d'Ethos a, en revanche, assuré que la fondation allait maintenir sa demande de non-réelection du président du conseil d'administration Urs Rohner et du vice-président Richard Thornburgh.

Il justifie cette décision par le bilan "loin d'être bon" d'Urs Rohner et son soutien à la stratégie d'expansion massive de la banque d'investissement qui a mené à des pertes massives. Par ailleurs, les deux hommes faisaient partie de la direction entre 2005 et 2007, "années durant lesquelles la banque a vendu des produits financiers toxiques", résultant en une condamnation de Credit Suisse.

"La pression des actionnaires sur le Credit Suisse a porté ses fruits", fait en outre remarquer Vincent Kaufmann. Selon lui, l'initiative Minder prend enfin vie. Et comme preuve, il avance que "les 44 millions de francs de rémunération à l'ex-directeur général et président de Novartis Daniel Vasella ne sont plus de mise".

ATS

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