Le président du conseil d'administration de Sunrise défend le projet de rachat du câblo-opérateur UPC pour lequel les actionnaires sont divisés. Peter Kurer estime que les firmes doivent parfois oser des révolutions stratégiques pour survivre.

L'avocat de 70 ans l'admet: UPC se trouve dans une situation économique difficile. Mais le "risque est plus grand pour Sunrise de s'essouffler au fil du temps en s'en tenant à son modèle économique étroit limité à la téléphonie mobile", explique-t-il samedi lors d'un entretien accordé à la Neue Zürcher Zeitung.

Le 23 octobre, les actionnaires de l'opérateur de téléphonie mobile devraient décider de mettre ou non 6,3 milliards de francs sur la table pour acquérir UPC, propriété de l'américain Liberty Global. Mais le projet est sur la corde raide. L'actionnaire principal de Sunrise, Freenet, appelle à rejeter l'opération, tout comme le conseiller en droits de vote ISS. Certains critiques estiment que le prix du rachat est trop élevé et doutent de la valeur stratégique du câblo-opérateur sur le long terme.

Cette transaction est "fantastique" pour Sunrise, estime pour sa part Peter Kurer, qui compte le soutien de l'agence de notation indépendante suisse Inrate. Il s'agit d'une opportunité qu'une entreprise n'a qu'une seule fois dans sa vie, souligne même le président du conseil d'administration à quelques jours de l'affrontement avec les actionnaires.

"Un grand bond"

"Sunrise peut faire un grand bond et passer de fournisseur de téléphonie mobile sélectif à un véritable challenger dans l'industrie suisse des télécommunications". Cela permettrait à l'entreprise de profiter de la libéralisation du marché des télécommunications, possible depuis 1996, mais qui n'a été mené qu'à demi-mesure depuis.

Peter Kurer accuse par ailleurs Freenet, qui détient près du quart du capital-actions du groupe zurichois, de mener "un procès diabolique" en votant contre le projet mais "sans y apporter d'alternative". En cas de "non" à la transaction, le septuagénaire s'attend à des "conséquences pour le personnel" au niveau de la direction, y compris sa destitution.

Peter Kurer exclut toute renégociation avec Liberty Global en cas de refus des actionnaires de Sunrise. "Nous, notre conseil d'administration et notre direction, devons partir du principe que ce 'non' mettrait un terme à cette histoire."

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