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Le président du Comité international de la Croix-rouge (CICR) Peter Maurer a déploré mardi une situation humanitaire "catastrophique" au Yémen, au terme de trois jours sur place. Sur le terrain, les forces loyalistes poursuivent leurs avancées vers Sanaa.

M. Maurer a plaidé à la fois pour que des denrées alimentaires d'urgence, de l'eau et des médicaments puissent être acheminés librement et pour que les belligérants entament des négociations de paix.

"La situation humanitaire est tout simplement catastrophique. Toutes les familles au Yémen ont été touchées par le conflit", a-t-il souligné, cité dans un communiqué du CICR. "Le monde doit ouvrir les yeux sur ce qui est en train de se passer", a-t-il affirmé.

Le conflit a fait depuis mars plus de 4300 tués et des milliers de blessés, selon un bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié mardi. Au total, 21 millions de personnes ont besoin d'aide ou de protection et 1,3 million de Yéménites ont été déplacés, selon l'ONU.

"Le Yémen s'effondre"

La crise politique s'est transformée en guerre au mois de mars, lorsque les forces Houthies, qui s'étaient auparavant emparées de la capitale Sanaa, ont contraint le président, Abd-Rabbou Mansour Hadi, à s'exiler en Arabie saoudite.

Au même moment, l'Arabie saoudite a constitué autour d'elle une coalition et entamé une campagne de bombardements destinée à favoriser le retour du président et à enrayer l'avancée des Houthis, alliés de l'Iran. Les rebelles ont depuis enregistré plusieurs revers, à commencer par la perte d'Aden, la grande ville portuaire du sud du pays.

"Les effets combinés des violents combats et des restrictions sur les importations ont des conséquences dramatiques sur la santé. Les installations sanitaires ont été massivement attaquées", selon le président du CICR. "Tout ça ne peut pas continuer. Le Yémen s'effondre. Il faut en urgence permettre la circulation libre de bien vers et à l'intérieur du pays. (...) Il faut en faire davantage", peut-il également être lu dans le communiqué.

Cri d'alarme de l'ONU

Depuis le mois de janvier, le CICR - l'une des dernières organisations humanitaires internationales encore présentes au Yémen - a permis de donner de l'eau à plus de deux millions de personnes et des denrées alimentaires ainsi que d'autres biens de première nécessité à plus de 100'000 habitants du pays, précise le communiqué.

M. Maurer avait rencontré samedi à Sanaa des responsables de l'administration mise en place par les Houthis dans la capitale. A Aden, il a échangé lundi sept militants sudistes opposés à la rébellion chiite contre sept combattants rebelles, ont souligné des responsables Houthis. Il s'est entretenu avec des blessés à l'hôpital et des personnels médicaux.

A Genève, le rapporteur des Nations Unies sur le droit à la nourriture a lancé mardi un cri d'alarme sur l'aggravation rapide du niveau de malnutrition au Yémen.

"La situation concernant les enfants est particulièrement alarmante, des rapports indiquent que 850'000 souffrent de malnutrition sévère, un chiffre dont on attend qu'il atteigne 1,2 million dans les prochaines semaines si le conflit persiste au niveau actuel", déclare dans un communiqué Hilal Elver.

Ville récupérée par les loyalistes

"Alors que l'escalade du conflit continue, plus de 12,9 millions de personnes survivent maintenant sans un accès adéquat à des aliments de base", dit encore le rapporteur des Nations Unies.

Sur le terrain, des forces fidèles au président en exil se sont emparées mardi d'une ville à une centaine de km au sud de la capitale Sanaa, contrôlée par les rebelles chiites Houthis, ont souligné des sources militaires loyalistes.

La prise de la ville d'Outmah constitue un nouveau succès pour les forces progouvernementales, qui ont repris depuis le 17 juillet quatre provinces du sud du pays aux insurgés. Des combats avaient lieu encore à 25 km au nord de Sanaa.

ATS