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Le président français Emmanuel Macron a tenu jeudi son grand discours pour lutter contre la pauvreté au Musée de l'Homme à Paris.

Keystone/AP/MICHEL EULER

(sda-ats)

Le président français a lancé jeudi une "stratégie" très attendue de lutte contre la pauvreté. Emmanuel Macron s'est engagé à la création d'un service public de l'insertion et à la préparation d'un revenu universel d'activité qui fusionnerait les prestations sociales.

"Ce n'est pas un 'plan charité' car il ne s'agit pas de permettre de vivre un tout petit peu mieux dans la pauvreté, il s'agit de sortir de la pauvreté", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un discours de plus d'une heure au Musée de l'Homme. Il a dit vouloir éviter qu'elle "se transmette de génération en génération".

"Si je suis ici devant vous, c'est pour essayer de lancer avec un combat neuf, indispensable, vital pour notre pays, celui de décider résolument de ne plus oublier personne", a-t-il fait valoir d'emblée. Il a appelé "les premiers de cordée" à ne pas oublier "les derniers".

Le président a annoncé "une loi en 2020" pour créer "un revenu universel d'activité qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations et dont l'Etat sera entièrement responsable", précisant que ce revenu serait soumis à "des droits et des devoirs supplémentaires". En contrepartie d'un "droit à être aidé et accompagné (...), nous veillerons à ce que les devoirs soient respectés" par les bénéficiaires.

Dès le plus jeune âge

"Je n'ai jamais cru à un revenu universel sans condition", a-t-il ajouté en allusion à la mesure-phare portée par le candidat socialiste à la dernière présidentielle Benoît Hamon. Pour lui, le "maquis des minima sociaux" actuels "n'est pas compatible avec un système fondé sur l'accompagnement et la reprise d'activité". Il faut, a-t-il dit, créer "un service public de l'insertion".

Cela impliquera que l'Etat s'engage aux côtés des "départements, des métropoles" pour mieux accompagner les personnes les plus éloignées de l'emploi, notamment bénéficiaires du RSA.

"C'est le seul moyen de garantir l'universalité des droits", alors que le système est "aujourd'hui trop éclaté", "inégal territorialement", a détaillé le chef de l'Etat. M. Macron souhaite qu'à partir du 1er janvier "chaque personne" qui s'inscrit au revenu de solidarité active (RSA) "puisse avoir un rendez-vous dans le mois", dans "un lieu unique", pour bénéficier d'un accompagnement.

Outre ce pilier "insertion", il a présenté un autre ensemble de mesures, destinées à prévenir la pauvreté dès le plus jeune âge. En plus du développement de l'accès à des modes de garde pour les tout-petits issus de familles défavorisées, il a souhaité un "accès à la cantine plus universel" avec "des repas à un euro" et des petits-déjeuners proposés dans les écoles des réseaux prioritaires.

"L'alimentation est un droit fondamental des enfants qui peine à être garanti", a-t-il déclaré. Pour les jeunes suivis par l'Aide sociale à l'enfance (ASE), il a dit vouloir "créer une obligation", en "contractualisant" avec les départements, pour trouver un logement, une formation, un emploi, aux jeunes qui n'ont "pas de solution" à leur sortie du dispositif à 18 ans.

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